Nyon (VD): «J'ai tué et j'étais trop lâche pour me dénoncer»
Actualisé

Nyon (VD)«J'ai tué et j'étais trop lâche pour me dénoncer»

Le procès d'un trentenaire s'est ouvert mardi devant le Tribunal criminel de Nyon. Il est accusé d'avoir tué sa compagne en octobre 2014 à Morges (VD).

par
Caroline Gebhard
La jeune femme tuée par son ami venait d'entamer une formation.

La jeune femme tuée par son ami venait d'entamer une formation.

photo: Kein Anbieter

Raie soigneusement coiffée de côté, chemise bleu ciel, mocassins. L'homme accusé de meurtre garde la tête baissée devant le Tribunal criminel de Nyon, ce mardi matin. A la lecture de l'acte d'accusation, qui retrace dans quelles circonstances tragiques il a étranglé son amie Julia* à l'automne 2014 à Morges, il se triture les mains et affiche une mine dépitée. A quelques mètres de lui, les parents de la victime écoutent le récit du drame, l'air sombre mais la tête haute.

L'histoire de Julia et de John démarre en juin 2014. Rapidement, le trentenaire, qui bosse comme cuisiner dans un EMS, s'installe dans l'appartement morgien de la jeune femme. Le couple s'enlise dans sa consommation d'alcool et de marijuana. En octobre, Julia démarre une formation et réalise que cette relation est toxique pour elle. Elle rompt avec son compagnon, dont elle continue pourtant à tolérer la présence dans son appartement.

Une nuit entière auprès du corps

Le soir du 27 octobre 2014, elle mange avec Tom*, un ex-ami. La jeune femme n'en parle pas à John, très jaloux, mais il débarque dans le restaurant et se jette sur Julia pour l'embrasser. Celle-ci quitte les lieux en affirmant à Tom qu'elle n'est plus en couple. Elle se rend ensuite au poste de police en compagnie de son père, souhaitant y déposer les affaires de John. Les agents s'y refusent et Julia repart avec le sac. Plus tard dans la nuit, John débarque afin de récupérer ses effets personnels. Une dispute éclate, il se jette sur elle et l'étrangle. Après avoir passé la nuit auprès du corps sans vie, il quitte les lieux par la fenêtre au petit matin, emportant avec lui le portable de sa victime qu'il balance dans le lac. «C'était insoutenable, c'était confus. Je ne voulais pas prendre conscience que je l'avais tuée», déclare-t-il à propos de son passage à l'acte.

Rendez-vous avec d'autres filles

Le corps de Julia est découvert une semaine plus tard, au hasard d'une descente de la police qui intervient dans l'immeuble pour une tout autre raison. Quant à son meurtrier, il continue à mener sa petite vie jusqu'à son arrestation, trois semaines après le drame. Dans l'intervalle, il prend contact avec d'autres filles et leur propose des rendez-vous. Il affirme aujourd'hui qu'il s'agissait de simples amies et qu'il était à la recherche d'une «épaule». Il ajoute qu'il n'a jamais oublié ce qu'il avait fait: «Je ne peux pas oublier quelque chose comme ça. J'avais tout à fait conscience que je finirais un jour en prison. Mais je n'ai pas eu le courage d'aller à la police pour me dénoncer, j'étais trop lâche.»

*Prénoms d'emprunt

Ton opinion