Bastian Baker: «J'ai voulu donner plus de couilles à ma musique»

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Bastian Baker«J'ai voulu donner plus de couilles à ma musique»

Bastian Baker est de retour avec «Too Old to Die Young». Le son est plus rock et plus affirmé. Tant mieux.

par
Fabien Eckert
Le Vaudois de 22 ans est très attaché à sa région.

Le Vaudois de 22 ans est très attaché à sa région.

Le chanteur vaudois n'est pas l'homme d'un seul album. Il le prouve en explorant de nouvelles sonorités et en musclant une partie de sa musique.

On dit que le 2e album est le plus difficile à produire. Était-ce votre cas?

Oui mais je n'y ai pas vraiment pensé. La 1ère partie de l'album est un lien avec le précédent. Dans la deuxième, je suis parti dans quelque chose de différent de tout ce que j'ai pu faire. Mais je n'avais pas prévu de faire deux parties aussi distinctes.

Comment avez-vous vécu votre starification?

Je suis assez distant du succès. Je fais la part des choses. Bien sûr que c'est génial de voir que ce que tu fais est apprécié par beaucoup de gens. Après, c'était marrant de voir ma tête dans les magazines et de lire ce qu'on écrivait sur moi.

Je suis assez distant du succès. Je fais la part des choses. Bien sûr que c'est génial de voir que ce que tu fais est apprécié par beaucoup de gens. Après, c'était marrant de voir ma tête dans les magazines et de lire ce qu'on écrivait sur moi.

Vous auriez pu péter un plomb avec toute cette exposition...

Il faut relativiser. Le succès je l'ai connu en France, en Suisse et en Belgique. Comme j'ai plaisir à dire: «Au Rwanda, personne ne me connaît!». Les choses simples, la famille, les amis, l'attachement à ma région, sont des valeurs clairement ancrées en moi. C'est une force.

Ressentez-vous de la pression pour la sortie de ce disque?

Moins que pour le premier. En 2011, j'avais sorti le single «Lucky» qui avait cartonné. J'avais donc la pression des gens qui attendaient la sortie du disque pour savoir si j'étais le mec d'un seul tube ou pas. Avant, j'étais attendu. Là aussi, mais au tournant. C'est différent. Mais je suis confiant rapport à l'accueil du public. Certains nouveaux morceaux qu'on a déjà joués en live ont été très bien reçus. Je me réjouis aussi de pouvoir échanger avec les gens sur ce qu'il leur a plu ou pas dans ce nouveau disque.

Pourquoi vous être exilé en Angleterre pour le réaliser?

J'avais envie d'enregistrer dans un studio résidentiel qui réunit un lieu de vie et un lieu de travail. Je voulais aussi être coupé du monde pour me concentrer sur la musique. On a passé 12 jours à enregistrer, entre nous. On vivait comme une petite famille.

Quel a été votre méthode d'enregistrement?

On a tout enregistré en live avec tous les musiciens dans la même pièce. C'est une grosse différence par rapport au 1er disque. Ça a donné un côté super spontané. Et, fait surprenant, on eu très peu de déchets durant les sessions. Chaque musicien a apporté sa pierre à l'édifice.

Avez-vous un fil rouge dans vos textes?

Non, parce que je ne veux pas avoir un thème récurent. Il y a juste un lien entre trois titres: «Follow The Wind», «One Last Time» et «Earings On The Table». C'est une trilogie car on parle chaque fois de la même personne. Autrement je me suis aussi essayé au style descriptif dans «79 Clinton Street».

Non, parce que je ne veux pas avoir un thème récurent. Il y a juste un lien entre trois titres: «Follow The Wind», «One Last Time» et «Earings On The Table». C'est une trilogie car on parle chaque fois de la même personne. Autrement je me suis aussi essayé au style descriptif dans «79 Clinton Street».

Vous parlez aussi de votre passage dans «Danse avec les Stars» dans «Prime»...

J'ai écrit le texte un samedi avant un prime. C'est une analyse de comment je me suis senti là au milieu. Cette émission a été pour moi la dernière étape pour savoir qui j'étais.

Vous êtes assez critique sur l'émission...

Il faut l'être. C'est quelque chose que je garderai en mémoire pour tout ce que ça m'a apporté de positif. Ça m'a fait grandir dans la tête, ça m'a ouvert des portes et j'ai amélioré mon déhanché. (rires) Mais sur le fond, ce n'était pas des valeurs que je défendais. Je n'étais pas forcément à l'aise là-dedans.

Bastian Baker est-il donc plus mature?

J'ai changé ma vision des choses. «Tomorrow May Not Be Better» était une introspection. J'ai écrit mes chansons seul dans ma chambre. J'avais encore cette bête sensation d'être unique. Après la sortie du disque, j'ai eu les réponses que je cherchais. Là, dans les textes du nouvel album, je suis un spectateur de la vie. C'est une inspiration incessante.

Musicalement, ce disque a deux facettes dont une plus rock. Une volonté?

On a voulu se rapprocher du live. Et sur scène, on est clairement un groupe de rock. Je voulais donner plus de couilles à la musique. Mais je ne me suis jamais dit qu'il fallait absolument sortir quelque chose de plus pêchu. C'est venu naturellement. Mais je n'oublie pas le côté folk. Notamment avec les trois derniers titres du disque.

On a voulu se rapprocher du live. Et sur scène, on est clairement un groupe de rock. Je voulais donner plus de couilles à la musique. Mais je ne me suis jamais dit qu'il fallait absolument sortir quelque chose de plus pêchu. C'est venu naturellement. Mais je n'oublie pas le côté folk. Notamment avec les trois derniers titres du disque.

Votre voix a aussi changé comme si vous aviez mué...

C'est le résultat de trois ans de tournée en chantant pratiquement chaque jour. Il faut dire aussi que sur le CD précédent, je voulais juste que ma voix passe. Là, je me suis autorisé des choses. J'ai appris à connaître ma voix, à jouer avec, à changer ses intonations.

Un très bel exercice de voix sur «Give Me Your Heart» où vous montez très haut...

C'est un titre très émouvant. On l'a enregistré en une seule fois. La première prise était la bonne. Sur la fin du titre, je ne sais encore pas comment j'ai fait pour aller aussi haut. J'ignore si je pourrais une fois dans ma vie atteindre à nouveau de tels sommets.

Vous allez partir en tournée avec votre disque. En quoi sera-t-elle différente de la première?

Il y aura déjà toutes les nouvelles chansons! (rires). Sérieusement, nous sommes en train de créer le show en ce moment. On a quelques pistes comme travailler sur des projections ou sur des jeux de lumières plus précis. J'aimerais bien aussi avoir des cuivres ou des cordes. Et pourquoi pas aussi avoir des invités sur certaines dates comme Rootwords ou Alizé du groupe Aliose.

«Too Old to Die Young»

Disponible dès le 27 septembre 2013.

Give Me Your Heart by Fabeckert on Mixcloud

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