Double meurtre près de Paris: «J'ai vu le terroriste droit dans les yeux»
Actualisé

Double meurtre près de Paris«J'ai vu le terroriste droit dans les yeux»

Arrivé en premier devant le domicile des deux policiers assassinés lundi à Magnanville, Zacharia a essayé de sauver la première victime. Il s'est ensuite retrouvé face à Abballa. Terrifiant.

par
joc
1 / 32
Deux personnes ont été placées en garde à vue mardi matin. L'enquête doit déterminer s'ils ont pu renseigner le tueur Larossi Abballa sur ses futures victimes. (12 février 2019)

Deux personnes ont été placées en garde à vue mardi matin. L'enquête doit déterminer s'ils ont pu renseigner le tueur Larossi Abballa sur ses futures victimes. (12 février 2019)

kein Anbieter
Six personnes, dont une policière et sa fille «radicalisée», ont été placées en garde à vue. Lundi 9 avril 2018)

Six personnes, dont une policière et sa fille «radicalisée», ont été placées en garde à vue. Lundi 9 avril 2018)

Keystone
Un maire lors de l'hommage à Mantes-la-Jolie. (Mardi 21 juin 2016)

Un maire lors de l'hommage à Mantes-la-Jolie. (Mardi 21 juin 2016)

AFP

L'émotion est toujours très vive à Magnanville (Yvelines), où un couple de policiers a été tué lundi dernier. La personne qui est arrivée en premier sur la scène du crime s'est confiée à BFM TV. Son témoignage fait froid dans le dos. L'homme, prénommé Zacharia, est en train de s'entraîner dans un complexe sportif situé juste en face de la maison des victimes quand une femme arrive en courant. Elle lui explique qu'un individu vient de se faire poignarder tout près de là. Il n'hésite pas et fonce vers le domicile de Jean-Baptiste Salvaing et Jessica Schneider. Il est accompagné d'une autre personne.

«Le portail était fermé, donc il a fallu qu'on escalade ce portail de 3 mètres. On a escaladé le mur. Et finalement le policier était allongé dans la rue», raconte Zacharia. L'homme applique les gestes de premiers secours: massage cardiaque et points de compression, mais le pouls de la victime est très faible. «C'est à ce moment-là qu'on a crié: «Réveillez-vous! Réveillez-vous! Réveillez-vous!» explique le témoin. C'est là que le Velux de la maison du policier s'ouvre et que Larossi Abballa se retrouve face à lui.

«J'ai regardé s'il n'avait pas une arme»

Il explique: «Je représente l'Etat islamique, vous avez attaqué chez nous. On va vous attaquer chez vous. J'ai un otage, je suis armé.» Malgré sa peur immense et l'horreur de la scène, Zacharia continue de s'occuper de Jean-Baptiste Salvaing. «J'ai regardé s'il n'avait pas une arme, un pistolet ou une kalachnikov à la main. Il avait juste une lacrymo et une matraque. Je l'ai vu droit dans les yeux», décrit le témoin, qui n'est pas près d'oublier son échange avec le meurtrier: «Il pensait qu'il y avait déjà les autorités. Et finalement, on n'était que tous les trois. C'est moi qu'il a regardé en face, j'ai bien vu le terroriste. Il a refermé le Velux, on a continué à faire les premiers gestes de secours, massage cardiaque», raconte Zacharia.

La police et les pompiers arrivent alors sur les lieux et prennent le relais. Zacharia et son acolyte les aident à déplacer le corps de la victime pour qu'ils puissent poursuivre le massage cardiaque hors de la ligne de mire d'Abballa. Musulman pratiquant, Zacharia ne comprend pas l'acte du meurtrier: «Ce n'est pas la religion que m'ont apprise mes parents. Peut-être qu'ils pensent qu'ils sont musulmans, ils interprètent ça, une religion à leur façon», conclut-il.

Ton opinion