Marc Sway: «J'aime les contradictions qu'il y a dans le cirque»
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Marc Sway«J'aime les contradictions qu'il y a dans le cirque»

Marc Sway a sorti son 4e album, «Soul Circus». Le Zurichois de 33 ans parle de ses inspirations et du röstigraben.

par
Fabien Eckert

D'où vient cette idée du cirque comme fil rouge à l'album?

D'une discussion avec Michel Steiner, un réalisateur suisse de films. Nous comparions la manière de faire un film avec la façon de produire de la musique. Après un moment, je me suis senti jaloux de lui car il a la possibilité d'utiliser des images. Et moi ce n'est que de l'audio. Alors j'ai essayé de trouver un thème visuel comme base de mon prochain disque. En parlant de cirque tu as tout de suite des images qui te viennent en tête.

C'est pourquoi vous avez placé des intermèdes tout au long de l'album qui nous rappellent cet univers?

Oui. Quand tu penses à «musique» et à «cirque» il y a forcément ce titre qui te vient en tête «L'entrée des Gladiateur». (il le fredonne). L'histoire des intermèdes vient d'un gag. Une fois que l'album était presque fini, les musiciens ont proposé de faire une nouvelle version de «L'entrée des Gladiateurs», sur un rythme reggae et bossa nova. L'accordéoniste a commencé à jouer la mélodie. Tout le monde a pleuré dans le studio. C'était si émouvant et touchant. On a fini par avoir 25 versions différentes du morceau. C'était clair qu'on devait l'utiliser comme fil rouge.

Concrètement, qu'est ce que qui vous inspire dans le cirque?

Je me remémore mon enfance. Gamin, j'adorais le cirque. J'aimais la contradiction de ce monde. Comme le clown qui fait rire les enfants mais qui est triste en tant qu'homme. C'est ce qui m'a donné l'idée du titre «Hey Joe». Il raconte l'histoire de ce personnage et possède une mélodie joyeuse alors que les paroles sont tristes. Musicalement parlant, c'est super intéressant de travailler sur ces contradictions. Mais ce n'est pas seulement l'histoire de ce personnage. Chacun de nous, à un certain moment, ressent la même chose que mon clown. Là, aujourd'hui, vous êtes face à moi en train de faire votre boulot de journaliste. Mais hier, vous avez peut-être eu une journée pourrie. Peut importe: face à moi vous devez faire bonne figure.

Parlez moi de l'histoire derrière le titre «Non, Non, Non»...

Je l'ai composé quand j'étais musicien de rue à Paris. J'avais 17 ans. On avait une guitare et une contrebasse et on a pris le train pour la capitale. On a passé quatre merveilleuses semaines dans cette ville. Le morceau parle d'une histoire d'amour à distance. C'est un hommage à cette période de ma vie.

Mais ce titre n'est pas connecté avec le cirque...

Pas à première vue. Mais quand tu regardes le thème de cette chanson, il appartient aussi au cirque. Les artistes qui s'y produisent sont tout le temps sur la route. Ils perdent leurs bases et leurs racines. Chaque jour, ils découvrent un nouveau lieu de vie. Et quand ils le quittent, ils peuvent laisser derrière eux un amour.

Comment allez-vous transposer cet univers si particulier sur scène?

On a fait le vernissage en octobre. Là c'était facile car on avait monter un vrai chapiteau de cirque! (rires) C'était fou. J'étais le Monsieur Loyal avec son uniforme. Mais pour la suite, ça va être un vrai challenge. Car il va falloir apporter tout l'esprit du cirque sur une scène normale. Mais avant tout, ce sera un concert. Les artifices qu'on y mettra c'est secondaire.

Comment expliquez-vous le fait que vous cartonnez en Suisse alémanique et très peu ici?

Je pense que c'est culturel. Nous Alémaniques regardons du côté de l'Allemagne. Et vous du côté de la France. J'adorerais jouer plus souvent chez vous! L'un des derniers concerts que j'ai donné en Suisse romande était la première partie de Withney Houston à Genève. C'était une expérience incroyable. On a eu une standing ovation. Je n'avais jamais connu ça en faisant une première partie. C'était très émouvant. Je pense que vous comprenez très bien ma musique, la soul. Je ne sais pas comment l'expliquer mais c'est ainsi. C'est aussi pour ça que je fais beaucuoup de promo en Romandie: je veux passer au dessus de ce röstigraben!

Mais pourtant 77 Bombay Street fonctionne très bien chez nous...

Matt, un des membres du groupe, est venu au vernissage. Je n'ai pas pensé à lui demander comment il s'y était pris pour avoir autant du succès en Suisse romande. J'aurais vraiment dû lui poser la question! Mais ce que je peux vous dire c'est que je ne vais rien lâcher. Je vais tout faire pour avoir du succès aussi chez vous. Je travaille dur pour ça. Je me sens si bien ici, un peu comme à la maison. Et je ne vous cache pas que jouer au Paléo serait vraiment génial.

Marc Sway «Soul Circus»

Déjà disponible.

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