Actualisé 14.03.2016 à 12:12

Ski freeride «J'aime savoir où sont les juges et partir face à eux»

Vendredi, les 120 participants du Nendaz Freeride s'élanceront en qualifications. Un tiers s'en échappera. Un bon run, c'est quoi?

de
Oliver Dufour, Nendaz

L'épreuve valaisanne, considérée comme l'épreuve reine du Freeride World Qualifier (FWQ) – la deuxième division des compétitions de freeride, en quelque sorte – démarrera par d'impitoyables qualifications à la Dent de Nendaz, dès 9h. Après un écrémage en règle, il ne restera qu'une quarantaine de freeriders, dames et messieurs, skieurs et snowboarders confondus, pour se disputer la couronne du vainqueur le lendemain, samedi, au sommet du Mont-Gond, théâtre de l'épreuve finale.

Pour qui n'a jamais assisté à une compétition de ce genre, ou n'a vu que quelques images sur des écrans de TV ou de supports numériques, les subtilités d'un run (ou descente) peuvent facilement paraître un peu obscures. D'accord, ces acrobates de la glisse en apparence complètement allumés empruntent un parcours – appelé ligne – de leur choix pour descendre jusqu'au pied de la face en réalisant ça et là quelques figures ahurissantes en passant par des couloirs dans lesquels le commun des mortels n'oserait pas passer, même avec une paire d'ailes dans le dos.

Skieur local engagé dans l'épreuve nendette, Maxime Vaquin (23 ans), dont le père, pour la petite histoire, était le redoutable serviceman du champion de ski alpin Didier Cuche, livre avec son compère Florian Fournier (29 ans), snowboarder nendard exilé au Québec depuis 1999, quelques-uns des secrets de fabrication d'une performance de qualité.

Savoir renverser le parcours

«Tout commence par une bonne heure de reconnaissance avec les jumelles, vu d'en bas et de côté», se lance Fournier, dans un accent valaisan fortement teinté de québécois. Ou le contraire, on ne sait pas trop. «Il faut ensuite être capable d'effectuer dans sa tête un bon renversement de ce qu'on a vu, puisque la perspective va changer dès qu'on se retrouvera à regarder la ligne depuis le haut. C'est la clé», estime le leader du classement FWQ de snowboard, qui décrochera une place fixe sur le World Tour la saison prochaine s'il se maintient au sommet de la hiérarchie.

Pas question de se rendre sur le terrain de jeu avant le début de la compétition, donc. On le découvre à l'occasion de son run. «L'accès est fermé aux aventuriers une dizaine de jours avant pour préserver l'endroit», relève Fournier. «Et il ne faut pas oublier qu'il est interdit à tout compétiteur de rider la face concernée dans le mois qui précède l'épreuve, sous peine de disqualification», rappelle Max Vaquin. Puis vient le run à proprement parler. «Le mien est le même depuis trois ans», annonce le jeune Nendard. N'y a-t-il pas ainsi de risque d'être moins bien noté pour l'originalité? «Non, pas du tout», promet Vaquin. «On est jugés par rapport aux autres, surtout. Et la ligne que je vais emprunter, je ne pense pas qu'elle sera prise par beaucoup de monde.»

Dès lors, que faut-il donc faire pour séduire les juges qui noteront chaque passage? «L'originalité du run, sa fluidité, le style du rider, ses figures, son aisance dans les airs…», énumère cet amoureux de la nature, qui œuvre comme machiniste l'été et qui aide son paternel dans son magasin de skis l'hiver. «Il faut par exemple savoir qu'une seconde d'arrêt équivaut à dix points en moins», poursuit-il. «Pour ma part, j'aime bien savoir où se situent les juges et partir droit en face d'eux, avant d'opter pour une ligne engagée. Ici, je peux fermer les yeux, je sais exactement où je vais.»

La promesse d'un backflip

Une telle confiance appelle forcément de grandes ambitions pour le 18e du classement ski du FWQ. «Oui, je veux gagner!», s'exclame Vaquin. «Je veux en tout cas faire un bon résultat. Mais je ne veux pas me mettre de la pression. Dans ce sport, tu ne peux pas bien skier dans ces conditions. Il faut avant tout savoir se faire plaisir.» S'il se qualifie pour la finale de samedi, le jeune Nendard appliquera ce principe à la lettre en promettant d'envoyer un backflip en fin de run. Une figure conclue par une chute l'an dernier. «Je suis pas trop freestyler dans l'âme, mais j'adore les flips et les backflips», se marre Max Vaquin.

Quant à Florian Fournier, alias le «Caribou», briller devant «son» public en snowboard le ravirait tout autant, lui qui rentre chaque hiver du Canada vers la Suisse et qui attend avec impatience cette épreuve hors du commun. «Mais me qualifier pour le World Tour n'est pas mon principal objectif. Si j'y arrive, tant mieux. C'est ma quatrième saison et mon classement est le fruit d'une certaine maturité et d'un peu de chance aussi. Mais venir sur ce circuit me permet avant tout de faire des rencontres, de voyager et de vivre des expériences. Il n'y a pas d'esprit de compétition entre les riders. L'important, c'est le contrôle de soi.» Et tant pis pour ceux qui ne regarderont que les classements.

Twitter, @Oliver_Dufour

Finale en direct

Samedi, dès 8h30, «20 minutes» vous donne accès aux images en streaming de la finale du Nendaz Freeride. Une quarantaine de riders se disputera la victoire sur les pentes du Mont-Gond.

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