Snowboard: «J'apprécie de pouvoir tout faire moi-même»
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Snowboard«J'apprécie de pouvoir tout faire moi-même»

Retirée du circuit de Coupe du monde de snowboardcross depuis quatre ans, la Chaux-de-Fonnière Mellie Francon s'essaie au freeride. Elle était ce week-end au Nendaz Freeride.

par
Oliver Dufour
Nendaz
Mellie Francon retrouve le plaisir de la glisse dans un autre genre de compétition.

Mellie Francon retrouve le plaisir de la glisse dans un autre genre de compétition.

photo: Kein Anbieter/Arias-schreiber

A l'automne 2012, Mellie Francon avait tout plaqué, lasse, vidée. Avec ce besoin de faire quelque chose d'autre. Elle a pris le temps de voyager beaucoup. Et toujours ce besoin de rester active. Et ce n'est pas sa récente maternité qui allait pouvoir la tenir en place. Neuf mois après avoir donné vie au petit Sasch, la Neuchâteloise de 34 ans a ressenti des fourmis dans les jambes.

Elle s'est donc inscrite à l'épreuve comptant pour le Freeride World Qualifier, rien que ça. Et la médaillée de bronze des Mondiaux de cross en 2009 a été reçue avec les honneurs pour sa première apparition dans une compétition de freeride. Après s'être qualifiée pour la finale de samedi – là où sa compatriote Estelle Balet, championne du monde en titre de la spécialité, a échoué – Mellie Francon a vécu sa seule déception avec une chute dès le départ de l'épreuve, synonyme de 6e et dernier rang des finalistes. Pas de quoi lui prendre la tête, toutefois.

A quel moment vous êtes-vous décidée à vous lancer dans le freeride?

J'aime ça de toute façon. Après avoir arrêté le cross – ça fait quatre ans maintenant – je n'avais pas trop envie de me remettre dans la compétition. Entre-temps j'ai eu un enfant et cet hiver nous sommes allés passer un week-end à Wengen (BE) en famille et avons assistés à la descente de ski alpin. J'ai remis ma planche aux pieds et j'ai eu un énorme feeling du feu de dieu! Depuis là, j'ai eu envie de refaire du snowboard. Comme je me sentais bien dans mon corps, je me suis dit que je m'inscrirais volontiers pour une ou deux compétitions de freeride, juste pour me donner un petit challenge.

Cette maternité a-t-elle contribué à vous restituer l'envie de vous retrouver en compétition?

J'ai allaité pendant six mois, donc en tout ça fait quand même un an et demi de sa vie où on est extrêmement sollicité. Ca prend beaucoup d'énergie! Mais c'est la vie et ça enrichit. Ça fait maintenant neuf mois que j'ai accouché et je commence à nouveau à bien me sentir dans mon corps, à retrouver de la vitalité, à avoir du feeling dans les éléments, dans le mouvement et à avoir de la joie dans ce que je fais. Ca me donne un petit coup de pied aux fesses dans le bon sens du terme en stimulant l'esprit!

Vous retrouvez un peu l'énergie et les sensations que vous aviez dans votre carrière en boardercross?

C'est différent, mais quand j'étais au départ ici, en qualifications et en finale, j'avais quand même ce stimulus, cette montée d'adrénaline et ça me donne ce punch que j'avais dans les courses. Après, c'est aussi difficile d'avoir une idée définitive dans la mesure où c'est ma première épreuve de freeride. Je fais ça avant tout pour le plaisir, pas pour me prendre la tête. Ce que j'apprécie surtout, c'est que je fais tout moi-même. Je n'ai pas de coach, je choisis ma ligne... Alors qu'en cross on est dans une équipe, on est en course à six simultanément sur le parcours. Depuis que je suis petite, je suis indépendante et très autodidacte, donc ça me convient bien de faire les choses à ma sauce. C'est chouette.

Ca a plutôt bien commencé vendredi avec une qualification pour la finale. Vous saviez où vous alliez?

Non, pas vraiment! J'ai observé plusieurs lignes et j'avais une vague idée de celle que j'allais suivre, mais quand je suis arrivée en haut j'ai regardé et j'ai changé de ligne. Je suis partie, j'ai fait un petit kick (ndlr: saut) et après je ne sais pas trop ce qui s'est passé, mais je me suis laissé guider par mon instinct et le feeling de la neige. Finalement, ça n'avait rien à voir, je suis partie là où je n'avais pas du tout décidé d'aller! J'ai voulu simplement m'amuser là où il n'y avait pas de traces, sans forcément prendre de risques, mais juste prendre de la vitesse, faire quelques «slashes» (ndlr: mettre la planche de travers pour faire gicler la neige) et avoir le sourire.

En finale, par contre, ça s'est un peu moins bien passé...

Oui. Pourtant j'étais excitée comme une gazelle. Mais après deux virages j'ai touché un caillou et je suis partie dans un flip qui n'était pas prévu. Je me suis arrêtée en bord de piste pour enlever la neige de mes lunettes. Du coup j'en ai profité pour regarder les autres concurrentes depuis là. C'était chouette aussi.

De quoi vous donner envie d'en faire plus?

Je me suis inscrite à l'épreuve de Chandolin (VS) la semaine prochaine. Je le répète, j'aime le freeride. Mais je ne veux pas non plus me compliquer la vie en voyageant trop. J'ai aussi une vie de famille maintenant. Et des journées comme aujourd'hui (ndlr: samedi) c'est quand même long. On monte tôt le matin pour assister au briefing des riders et après il faut attendre jusqu'en début d'après-midi pour s'élancer (ndlr: les concurrentes de l'épreuve féminine de snowboard étaient les dernières à partir au Nendaz Freeride).

Dans ce cas, ne serait-ce pas plus agréable de simplement pratiquer le freeride hors compétition, d'aller où bon vous semble quand ça vous chante?

Bien sûr, et je le fais déjà! Mais en même temps, la compétition

me stimule. Et ça met de l'ambiance. Si je le fais, ça doit être par plaisir. Je suis plutôt à prendre les choses comme elles viennent.

Twitter, @Oliver_Dufour

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