Actualisé 17.05.2017 à 09:00

Festival de Cannes

«J'avais prévu de ne plus travailler pendant un an»

Le 70e Festival de Cannes débute ce mercredi. En
film d'ouverture, «Les fantômes d'Ismaël», avec Marion Cotillard. Rencontre.

de
Marine Guillain

L'actrice française de 41 ans sait choisir ses films! Elle montera les marches ce mercredi soir, pour la septième année consécutive. Dans le film d'Arnaud Desplechin (lire critique plus bas), elle joue la femme d'Ismaël, qui réapparaît vingt ans après avoir brutalement disparu. Nous l'avons rencontrée dans un palace parisien avant le début des festivités.

Marion Cotillard, qu'est-ce qui vous a poussée à accepter ce rôle?

Lorsque j'ai reçu la proposition, j'avais dit que je ne travaillerais plus durant un an. Mais Desplechin, c'est irrésistible, alors j'y suis allée! J'ai adoré le scénario. Le personnage de Carlotta est magnifique, complexe et simple à la fois. Le tournage s'est déroulé en septembre 2016, à Paris et à Noirmoutier. Pour moi il a duré seulement une quinzaine de jours.

Votre année sabbatique n'est donc que partie remise?

En fait, je vais prendre un an de congé juste après Cannes, qui sera consacré à ma famille et à mon existence à moi.

Connaissiez-vous déjà Charlotte Gainsbourg et Mathieu Amalric?

Non, pas du tout, on s'est rencontrés dans un café, à Noirmoutier, la veille du tournage. On a chacun notre timidité, alors on les a mises en tas au milieu, et on a fini par se parler!

Avez-vous rencontré des difficultés lors du tournage?

Non, pas vraiment. Avant de commencer, j'avais peur de mettre du temps à m'approprier l'écriture si singulière de Desplechin. Mais au final ça a été naturel, les grands textes sont faciles à dire. Ça avait été bien plus difficile avec le film de Xavier Dolan («Juste la fin du monde», ndlr.), où j'avoue que j'avais vraiment galéré!

Vous avez eu un petit rôle, l'un de vos premiers, dans un film d'Arnaud Desplechin: «Comment je me suis disputé… (ma vie sexuelle)». Étiez-vous restés en contact avec lui?

Non, on s'est vraiment retrouvés vingt ans après.

Qu'est-ce qui a changé entre votre première montée des marches en 1999 et aujourd'hui?

La différence, c'est que maintenant je suis à l'aise, alors que les deux premières fois, je ne savais pas trop ce que je faisais là!

Est-ce que le fait de ne pas être en compétition cette année vous plaît?

Je pense que les médias me laisseront plus tranquille et qu'on ne me posera pas la question qu'on me pose depuis cinq ans que je suis en compétition officielle: «Qu'est-­ce que ça vous fait de n'avoir jamais eu de prix d'interprétation?»

Qu'est-ce que ça vous fait de n'avoir jamais eu de prix d'interprétation?

Je m'en fous!

Quels domaines du Cinéma aimeriez-vous encore explorer?

J'aimerais tourner plus de comédies. J'aimerais aussi faire un film de science-fiction ou un film d'époque en costumes style «Versailles», car je n'en ai jamais fait.

Qu'est-ce qui change lorsque vous êtes dirigée par Guillaume Canet?

Ben je couche avec le réalisateur. Oui, c'est le seul avec qui j'ai couché! Sinon disons qu'il y a une confiance déjà établie. Pour «Rock'n'Roll», il connaissait mon appréhension de la comédie et mon peu d'expérience.

Quel genre d'appréhension?

C'est très très dur la comédie. Il faut réussir à trouver son clown intérieur et en même temps jouer sincèrement. J'ai beaucoup de progrès à faire.

Ça vous est déjà arrivé de voir un film et d'être mécontente du résultat?

Ah oui! Et ensuite je ne revois jamais les films où je trouve que j'ai été très mauvaise!

Le dernier film que vous avez vu?

«Mr & Mme Adelman»: j'ai adoré!

Une acteur ou réalisateur avec qui vous rêvez de travailler?

J'ai déjà travaillé avec de merveilleux acteurs, maintenant j'aimerais faire des films avec de merveilleuses actrices. Meryl Streep, ça vous va comme nom?

Un lieu où vous vous sentez bien?

J'adore Los Angeles et le Sud-Ouest de la France. Sinon, quand mon fils est venu à Davos lors du tournage de «Mal de pierres», il m'a dit qu'il voulait y passer sa vie. Et il m'en parle encore!

Que ferez-vous si vos enfants veulent suivre vos traces...?

Je les accompagnerai. Et si au contraire ils détestent le cinéma, ça ne me posera aucun problème!

Ses autres films cannois

Ses autres films cannois

- 2016: «Juste la fin du monde» et «Mal de pierres»

- 2015: «Macbeth»

- 2014: «Deux jours, une nuit»

- 2013: «The Immigrant» et «Blood Ties»

- 2012: «De rouille et d'os»

- 2011: «Midnight in Paris»

- 1999: «Taxi 2»

Histoire pleine de folie et de passion

Histoire pleine de folie et de passion

Marion Cotillard, Charlotte Gainsbourg, Mathieu Amalric, Louis Garrel. C'est un quatuor cinq étoiles qu'Arnaud Desplechin («Trois souvenirs de ma jeunesse») a réuni pour son dernier film, «Les fantômes d'Ismaël». Le cinéaste a été forcé de couper près d'une demi heure à son bébé pour le présenter à Cannes. Dans l'heure et 50 minutes qu'il reste, Ismaël (Amalric) est casé avec Sylvia (Gainsbourg) et travaille sur son dernier film. Un jour, sa femme Carlotta (Cotillard), disparue il y a vingt ans, revient dans sa vie... Chaque personnage de ce triangle amoureux a son grain de folie. Ils sont aussi paumés que passionnés, et Desplechin retranscrit leurs états d'âme à merveille.

«Les fantômes d'Ismaël» D'Arnaud Desplechin.

«Les fantômes d'Ismaël» D'Arnaud Desplechin.

Sortie mercredi 17 mai 2017.

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