Actualisé 01.01.2017 à 06:36

Attaque à Istanbul«J'avançais... et les gens en piétinaient d'autres»

Une attaque survenue dans une discothèque d'Istanbul a fait au moins 39 morts, dans la nuit de samedi à dimanche.

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Un Ouzbek est jugé à partir de lundi pour l'attentat sanglant dans une discothèque d'Istanbul la nuit du Nouvel An 2017. (Lundi 11 décembre 2017)

Un Ouzbek est jugé à partir de lundi pour l'attentat sanglant dans une discothèque d'Istanbul la nuit du Nouvel An 2017. (Lundi 11 décembre 2017)

Keystone
Des pans entiers du bâtiment ont été réduits à un tas décombres (Lundi 22 mai 2017).

Des pans entiers du bâtiment ont été réduits à un tas décombres (Lundi 22 mai 2017).

Keystone
Abdulkadir Masharipov a été écroué en Turquie. (Samedi 11 février 2017)

Abdulkadir Masharipov a été écroué en Turquie. (Samedi 11 février 2017)

Keystone

Ce devait être une nuit d'oubli, loin des traumatismes de 2016. Mais 10 minutes après son arrivée à la Reina, la plus huppée des discothèques d'Istanbul, Sefa Boydas fuyait le chaos et la mort semés par un tireur déguisé en père Noël.

«Juste au moment où on était en train de s'installer près de l'entrée, il y a eu beaucoup de poussière et de fumée. Des coups de feu ont éclaté», a raconté à l'AFP ce footballeur professionnel qui joue pour la modeste équipe stambouliote de Beylerbeyi.

Des centaines de personnes à l'intérieur

Il est 01h15 dimanche (22h15 GMT samedi), un homme vient d'ouvrir le feu sur les centaines de personnes qui célèbrent le Nouvel An dans la boîte de nuit, après avoir abattu un policier et un civil devant l'entrée. Selon les autorités, 39 personnes ont été tuées, dont au moins 16 étrangers.

«Il y en a probablement plus que cela, parce que quand j'avançais, des gens piétinaient d'autres gens», décrit Sefa Boydas, qui s'était rendu à la Reina avec deux amies.

Ils plongent dans le Bosphore

La scène qu'il narre reflète la panique qui s'est emparée des fêtards, dont plusieurs ont plongé dans le Bosphore pour échapper aux balles mortelles.

«En entendant ces bruits, plusieurs femmes se sont évanouies», dit-il. C'est le cas de l'une de ses amies. «Je l'ai prise sur mon dos et je me suis mis à courir immédiatement».

«Je ne sais pas comment j'ai réussi à m'enfuir», dit-il. «Dans ces moments-là, on n'attend pas. Ca tirait à gauche, alors on a foncé vers la droite. Environ 50 personnes se sont probablement enfuies de cette manière», estime-t-il, visiblement sous le choc.

«Ils nous soupçonnaient tous»

Rapidement après les coups de feu, la police arrive. «Ils sont arrivés très vite, mais ils n'ont pas pu prendre le contrôle de la situation immédiatement, ils ne savaient pas qui était le tireur. Ils nous soupçonnaient tous», dit-il.

Les autorités ont évoqué un «terroriste», mais plusieurs médias turcs ont évoqué «au moins un» tireur déguisé en père Noël. Selon le ministre turc de l'Intérieur Süleyman Soylu, «le terroriste» est toujours recherché.

Ironiquement, le footballeur raconte qu'initialement il ne voulait pas se rendre à la Reina, redoutant «une bagarre, quelque chose, une bombe». La Turquie a de fait été frappée l'année dernière par plusieurs attentats, dont plusieurs ont visé des lieux fréquentés par les touristes, comme cette boîte de nuit.

Un pressentiment

«Ca ne peut pas arriver dans un endroit comme Reina!», lui dit un ami. Il se laisse convaincre. Mais, dit-il, «j'ai eu un pressentiment... J'y suis allé tard, après le Nouvel An. Ca s'est produit 10 minutes après mon arrivée». (nxp/afp)

(NewsXpress)

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