Actualisé 28.01.2009 à 12:26

Vandalisme et vitres cassées

«J'en peux plus de retrouver mon commerce avec des vitres brisées»

Depuis octobre 2008, un commerce lausannois de tapis perses a été quatre fois victime de vandalisme. Patron du magasin, Kamran Behbahani vit depuis dans l'angoisse.

de
Didier Bender

Kamran Behbahani n'en peut plus. Depuis octobre, son magasin est régulièrement victime de vandales. Entre les vitres du commerce de tapis perses et les vitrines qu'il loue en face de son magasin, il a été à quatre reprises appelé par la police en pleine nuit pour des vitres brisées. La casse du week-end dernier est «la goutte qui a fait déborder» le vase pour cet Iranien d'origine. «A chaque fois, je dois attendre trois à quatre heures au milieu de la nuit que les vitriers installent des protections. La dernière fois, je suis tombé malade.»

Dans son échoppe, on trouve plus de 500 tapis qu'il a lui-même sélectionnés en Iran. Certaines pièces valent plus de 15'000 francs. «Je suis depuis plus de quinze ans dans ces locaux. Mais aujourd'hui, avec mon commerce de tapis, je ne me sens plus en sécurité ici», explique-t-il, désabusé. «Je dors dans l'angoisse. Et dès que je reçois un appel chez moi, après 21 heures, je ne pense pas que c'est un ami qui m'appelle. Je pense d'abord à la police.»

En cause: les quatre discothèques voisines de son magasin. Souvent, à leur sortie, ça dégénère. «Sur ces vitres cassées, dans 90% des cas, c'est du vandalisme», estime le commerçant. Si aujourd'hui, il envisage de laisser tomber son affaire, c'est pour plusieurs raisons. Depuis 2005 et des discussions, avec la gérance de son local, pour protéger les lieux, rien n'a été entrepris. Il y a bien une caméra de vidéosurveillance. A quoi sert-elle? «C'est à la gérance de mettre à la disposition de la police les images de cette caméra», raconte Kamran. Ni du côté de la gérance, ni du côté de la police, il n'est possible d'obtenir des informations sur les images prises par cette caméra.

En 2006, à la suite d'une série de casses, son assureur l'a laissé tomber. «La régie m'a rappelé que dans mon contrat de location, les vitres sont inscrites à ma charge». A 1000 francs la franchise par vitre, il en a pour 2000 francs. «Par contre, j'ai insisté pour que les vitrines figurent à la charge de l'assurance de la régie», note Kamran Behbahani.

Il craint d'être lâché à nouveau par sa nouvelle assurance. «J'avais pensé à plusieurs raisons de devoir quitter mon négoce, mais pas à celui-là», raconte Kamran. Il en à marre d'entendre ses voisins lui dire: «Encore». La mort dans l'âme, il envisage même de jeter l'éponge.

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