Ecrivain menacé de mort par la mafia: «J'en peux plus de vivre comme un malade en phase terminale»
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Ecrivain menacé de mort par la mafia«J'en peux plus de vivre comme un malade en phase terminale»

Roberto Saviano, l'auteur de Gomorra, le best- seller sur la mafia napolitaine, a fait état mercredi de son intention de quitter l'Italie.

Une décision qui fait suite à l'annonce du principal clan de la Camorra, les Casalesi, de le tuer avant Noël.

«Je quitterai l'Italie, au moins pour un certain temps, puis on verra après. Je pense avoir droit à une pause», a-t-il déclaré dans une interview au quotidien «La Repubblica».

Le même journal avait révélé mardi que le clan des Casalesi, l'un des plus violents de la camorra, avait décidé de tuer Roberto Saviano, «ainsi que son escorte», d'ici Noël car son livre «a fait trop de bruit, a foutu le bazar».

«Je veux une vie, je veux une maison. Je veux tomber amoureux et boire une bière en public. Je veux prendre le soleil et marcher sous la pluie et rencontrer sans peur ma mère. Je veux rire et non parler de moi comme si j'étais un malade en phase terminale», a ajouté le jeune homme qui vit depuis deux ans avec une escorte de sept carabiniers.

«Cette solitude a fait de moi un homme mauvais. Je suis devenu soupçonneux, méfiant au-delà de ce qui est possible», poursuit l'écrivain dont le livre-enquête s'est vendu en Italie à 1,2 million d'exemplaires.

«L'Italie doit le soutenir»

Le film de Matteo Garrone, «Gomorra», tiré du livre de Roberto Saviano, a obtenu le prix du jury lors du festival de Cannes, en mai dernier, et a été choisi pour représenter l'Italie aux Oscars.

Originaire de la région de Naples, Roberto Saviano est déçu par la population locale. «Ils ne veulent même pas me louer une maison. Personne ne pense la-bas que je n'ai fait que mon devoir» d'écrivain, estime-t-il. «Tous disent que je veux seulement devenir riche, que c'est la raison pourquoi 'l'infâme' a écrit le livre», a- t-il ajouté.

De nombreuses voix se sont élevées en défense du jeune écrivain, du chef de l'Etat Giorgio Napolitano à l'archevêque de Naples, Mgr Crescenzio Sepe, et la droite et la gauche se sont retrouvées unies derrière Roberto Saviano.

«L'Italie entière, sans distinction, doit le soutenir. Roberto Saviano est aujourd'hui un symbole de liberté et de courage pour notre patrie», a ainsi déclaré le ministre de la Jeunesse, Giorgia Meloni. (ats)

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