Vaud: «J'étais certain qu'elles étaient mortes»
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Vaud«J'étais certain qu'elles étaient mortes»

Le père et mari de deux victimes d'un chauffard a témoigné au tribunal. Jugé cette semaine, Fahrid conduisait sans permis et sans assurance lors de l'accident.

par
Christian Humbert

«Je pensais que j'avais perdu ma famille. Ma femme était inconsciente. Ma fillette, couverte de sang, avait de la peine à respirer.» Paul est arrivé une minute après que Fahrid*, roulant trop vite en scooter et sans permis de conduire, a fauché une mère et sa fille de 4 ans sur un passage piéton de l'avenue de Béthusy à Lausanne, en juillet 2012. Si elles n'ont plus aucun souvenir de cet accident, Paul, lui, n'est pas près de l'oublier: «J'étais certain qu'elles étaient mortes. Elles ont été projetées à quelques centimètres du trottoir.»

Mais ce fut une fois de plus un jour de chance pour Fahrid, habitué des délits de fuite: grièvement blessée à la tête, au foie et aux reins, l'écolière a passé six jours sous morphine. Si son état physique n'inquiète plus les médecins, les conséquences psychologiques sont cependant sérieuses. Sa mère l'a raconté mercredi au Tribunal correctionnel de Lausanne, où comparaît Fahrid: «Elle a régressé. Elle était angoissée, faisait des cauchemars. Elle ne voulait plus pénétrer dans le moindre véhicule avec des roues: taxi, bus, automobile.» Agé de 23 ans, Fahrid avait été placé en détention provisoire durant trois mois. Expliquant qu'il n'avait pas conscience de ce qu'il faisait, il a réagi mercredi aux pleurs des parents: «Je vous demande pardon. Je suis vraiment désolé. Je regrette ce qui s'est passé.»

Il connaîtra son sort judiciaire ce jeudi. Mais il échappera à la sévérité de Via sicura, en vigueur seulement depuis janvier 2013, soit après ses délits.

*Prénom d'emprunt

Chauffard multirécidiviste sans plaques

Déjà condamné quand il était mineur, puis très vite privé de permis de conduire, Fahrid achetait cependant des voitures avec lesquelles il circulait sans plaques et sans assurance, accidents à la clé. En février 2012, sur la route de Berne, au nord de Lausanne: une embardée de 110 mètres. Il s'enfuit en taxi. En juin 2012, à la vallée de Joux: il force un contrôle de police. Poursuivi, il roule à 150km/h dans des villages, évite des cyclistes, mais percute deux piliers en béton. Il fuit alors à pied.

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