Actualisé 24.03.2015 à 17:50

Martigny (VS)

«J'étais le roi de Saint-Maurice»

Quatre jeunes étaient jugés, ce mardi à Martigny, pour avoir battu à mort un trentenaire, en janvier 2013 à Saint-Maurice.

de
Christian Humbert

«J'étais le roi. Je ne suis pas n'importe qui à Saint-Maurice. Les gens savent de quelle famille je viens». C'est en ces termes que s'est exprimé un Kosovar de 21 ans jugé devant le Tribunal de Martigny, mardi. Accusé d'avoir tabassé à mort un trentenaire en janvier 2013 à Saint-Maurice, il comparaissait en compagnie de trois comparses. Déjà connu pour des faits de violence, il encourt une peine de 13 ans de prison et ses acolytes 10 ans. La procureure les met tous dans le même panier. Lors de leur arrestation, 8 mois après les faits, tous avaient d'ailleurs reconnu s'être «acharnés sur la victime» après une «odieuse exécution».

«Je ne voulais pas la mort de la victime. J'ai honte. Le premier coup était un coup de folie», a poursuivi le jeune Kosovar à l'adresse de la Cour. A l'évocation, par un juge, de ses nombreux coups de folie, il a indiqué que son comportement était le fait de l'alcool. Ses complices, deux Portugais et un Français, ont adopté une tout autre ligne de défense en assurant qu'ils n'avaient rien fait. S'ils ne se sont jamais annoncés à la police, c'était par peur des conséquences, assurent-ils. Mardi, les avocats des deux Portugais ont même demandé l'acquittement de leurs clients. Quant à leurs parents, ils les décrivent comme des angelots. Une mère a même parlé d'«accident» en évoquant le crime. Son fils en aurait été «malade». Aucun d'entre eux n'a toutefois exprimé de regrets sincères. Et personne n'a eu une pensée pour la victime, un être frêle connu comme DJ à Monthey.

Agression sordide

Le 27 janvier 2013 à Saint-Maurice, ces quatre jeunes âgés d'à peine 20 ans croisent José* dont ils soupçonnent qu'il transporte de la marijuana dans son sac à dos. Ils décident de lui tendre un guet-apens sur le parcours qui doit le conduire au camping où il vit. L'embuscade a lieu sur un chemin isolé, sans réverbère et sans voisinage direct. Les quatre voyous s'avancent en ligne vers José. Le Kosovar de 21 ans, adepte des arts martiaux, lui balance un coup de pied entre la poitrine et la tête. José chute. Un déferlement de coups s'ensuit. C'est à celui qui tape le plus fort. José, traîné sur le sol, parvient à se lever. Il reçoit de nouveaux coups et implore la pitié, en vain. Il se relève puis finit par retomber. Ses agresseurs s'en vont sans s'inquiéter du sort de l'Espagnol, qui agonise sur un chemin au bord du Rhône avant de décéder. Ils repasseront trois fois en voiture près du corps, veillant à effacer toutes les traces de leur passage et à jeter les affaires de la victime dans le fleuve. Ce n'est que huit mois plus tard que la police les a arrêtés. Trois d'entre eux sont toujours détenus. Le quatrième complice été libéré après 14 mois de détention.

Le jeune Kosovar, dont le frère est en prison, paraît le plus dangereux du quatuor: en novembre 2012, il avait incité des mineurs à renverser un cycliste pour lui piquer son vélo. La tête de l'adolescent avait cogné le sol et il avait perdu connaissance. A son réveil, son deux-roues et son argent avaient disparu.

* Prénom d'emprunt

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