Actualisé 29.09.2011 à 10:25

Clap de fin

Jaba met un terme au groupe Moonraisers

Le monde de la musique actuel a eu raison de la motivation de Jaba. Le chanteur du célèbre groupe de reggae neuchâtelois met un terme à sa carrière.

de
Fabrice Aubert
Les Moonraisers au complet.

Les Moonraisers au complet.

«Après presque vingt ans au service de la scène Reggae Suisse et Européenne les Moonraisers vont arrêter leurs activités», peut-on lire dans un communiqué posté sur le site officiel du groupe neuchâtelois.

Contacté par «20 minutes», Jaba n'a pas voulu s'expliquer sur sa décision d'arrêter la musique, dont la rumeur circulait depuis quelques temps dans le milieu. Il le fait longuement dans un texte en anglais mis en ligne sur son blog.

Le musicien déclare que sa décision a été motivée par «le business de la musique en général, mais surtout en Suisse, pays censé soutenir la culture».

La célébrité prend le pas sur la musique

«De nos jours, le business musical ne laisse pas de place à la musique ou à la culture. Tout tourne autour de la célébrité et des VIP», regrette Jaba. Il explique que ces dernières années, il passait seulement de 30 minutes à 10 heures à faire de la musique par mois. «Le reste du temps, je travaillais à mon bureau pour tenter de trouver des solutions.» Dans ces conditions, il a préféré mettre un terme à sa carrière musicale et se «concentrer sur d'autres priorités» qu'il n'a pas énoncées.

«C'est l'une des décisions les plus difficiles que j'ai eu à prendre dans ma vie, avoue-t-il. Mais elle est nécessaire. Je préfère rester fier de ce que nous avons réalisé avec les Moonraisers, sans briser les règles que nous nous étions fixées. Nous avions des idées très claires sur ce que nous voulions faire et surtout sur ce que nous ne voulions pas faire! J'ai donc préféré mettre fin au projet Moonraisers que de prendre une direction qui ne nous correspondrait plus.»

L'argent ne vient pas aux artistes

Dans son long texte, Jaba explique qu'«en Suisse, ce ne sont pas les musiciens qui peuvent vivre de leur musique, mais les personnes qui travaillent dans des instances musicales officielles». Il accuse ainsi la Suisa, qui gères les droits d'auteurs en Suisse, de toucher chaque année des millions de francs sans savoir à qui elle doit les redistribuer. «Tout l'argent va à des formations de musique traditionnelle suisse ou à des orchestres de musique classique.»

Pour lui, les musiciens sont encore moins considérés que des réfugiés qui ont, eux au moins, un soutien social. En 19 ans d'activité, les Moonraisers n'ont jamais touché de subventions, malgré des demandes répétées chaque année. Les membres du groupe ont donc dû investir beaucoup de leur propre argent pour pouvoir continuer.

Un groupe hors format

Depuis le début de l'aventure Moonraisers, en 1992, jusqu'à cette année, le groupe a gardé une formation d'une dizaine de musiciens. En ajoutant le staff technique, il fallait donc compter avec 17 personnes. Cela aurait-il fait peur aux programmateurs? «On a passé près de 20 ans à nous excuser d'être autant nombreux lors de nos concerts et tournées, reconnaît Jaba. C'est beaucoup pour la place sur scène, l'équipement, le transport, l'hôtel, la nourriture, etc. Seuls des groupes internationaux qui vendent beaucoup de disques peuvent se permettre d'évoluer avec autant de musiciens et de staff que les Moonraisers.»

Mais pas question pour autant de changer la formation. «Nous avons essayé de réduire le nombre de musiciens. Mais le «Moonstyle» n'était plus représenté à 100%», précise le chanteur.

Un dernier album

Si les musiciens ont «un projet en vue», l'aventure s'arrêtera le 12 novembre prochain pour Jaba. Date du concert d'adieu qui était déjà programmé depuis deux ans. La veille, le groupe sortira son dernier album, intitulé «BOYO!». Il regroupera les morceaux vendus en ligne au cours de ces deux dernières années dans le cadre du projet m2012 qu'avait lancé Jaba en novembre 2010.

A cette époque, il avait reçu «20 minutes» dans le studio de Damp Productions et nous révélait qu'il travaillait sur un album solo d'electro-reggae. Il n'aura jamais vu le jour.

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