Actualisé 10.03.2006 à 10:32

«Jacques Brel est vivant, se porte bien, et vit à Paris»

Cette comédie musicale est la reprise d'un spectacle créé à New York en 1968, et composé de succès du chanteur adaptés en anglais. Le show était à l'époque resté plus de quatre ans à l'affiche dans Greenwich Village.

Au Zipper, ancienne fabrique de fermetures Eclair reconvertie en théâtre de Broadway «off» pouvant accueillir 200 spectateurs, la version 2006 n'est plus seulement un tour de chant. Elle inclut quatre personnages chantant l'amour, la vieillesse, l'alcool, l'amitié, la haine de la guerre, dans un décor parisien des années 60 hésitant entre boîte de nuit et intérieur sommaire.

«Chacun reflète une part de la personnalité de Brel», explique le metteur en scène Gordon Greenberg: «L'homme d'affaires à l'étroit qui voudrait être poète, le jeune aux rêves brisés par la guerre, la femme marquée par la perte et le chagrin, la jeune fille qui veut retenir les derniers fils de son innocence».

Les textes du chanteur belge mort en 1978 ont été adaptés en anglais dans les années 60 par le poète américain Eric Blau et le chanteur et compositeur new-yorkais Mort Shuman. «Jef» devient ainsi «You're not alone», et les chanteurs reprennent «Oh my love, my sweet, my old, my gentle love», «Ne me quitte pas» en français ou «Marieke» en flamand.

Américains interpellés

Pour Gordon Greenberg, ces chansons peuvent particulièrement parler aux Américains. «Le pays est à un moment où il commence à se poser des questions. Pourquoi nous sommes en guerre par exemple. C'est très réconfortant d'entendre ces chansons et de prendre conscience que l'on pense de même», dit-il.

A la fin des années 60, le spectacle contribua à faire connaître Brel aux Etats-Unis, et de nombreux artistes reprirent ses titres, de Shirley Bassey à David Bowie. Cette fois, le metteur en scène avoue une autre ambition.

«Les premiers spectateurs seront les connaisseurs de Brel et les amateurs de théâtre. Mais j'espère aussi attirer des jeunes. Cette oeuvre est si viscérale que les mots parlent directement aux sentiments les plus forts et, je crois, à l'expérience des jeunes gens», affirme-t-il.

(ats)

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