Émeutes en Guadeloupe - «J’ai dû sauter du 3e étage avec ma compagne et mon chien»
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Émeutes en Guadeloupe«J’ai dû sauter du 3e étage avec ma compagne et mon chien»

Les violences se poursuivent sur l’île, où les manifestations contre le pass sanitaire et l’obligation vaccinale des soignants s’intensifient. Un habitant témoigne.

La mobilisation lancée la semaine dernière en Guadeloupe contre le pass sanitaire et l’obligation vaccinale des soignants se double désormais de violences commises par des émeutiers. Les blocages ont repris ce week-end, entre pillages, incendies et affrontements. Une cinquantaine de membres des forces d’élite du GIGN et du Raid ont été envoyés sur l’île pour prêter main-forte aux autorités débordées.

Pour les habitants, c’est l’enfer. Domicilié à Pointe-à-Pitre, Luidgy a vu son immeuble incendié par des émeutiers, dans la nuit de jeudi à vendredi. Le jeune homme raconte à BFMTV s’être rendu sur son balcon après avoir entendu des bruits. «En arrivant j’ai vu un attroupement de jeunes. Ils dévalisaient une bijouterie en dessous. Ils ont fini par y mettre le feu», témoigne-t-il. Constatant que les flammes étaient en train d’atteindre son bâtiment, le Guadeloupéen a alerté les pompiers, mais ils ont tardé à arriver.

Après d’interminables minutes d’angoisse, Luidgy a décidé de prendre son destin en mains. «Finalement, j’ai dû sauter du troisième étage avec ma compagne et mon chien. C’était la seule issue car les flammes avaient déjà atteint notre porte d’entrée», explique-t-il. L’habitant dit comprendre la colère des manifestants, mais pas la violence: «Que des jeunes décident de piller des magasins, de les brûler, sans se soucier des conséquences pour les habitants autour, je trouve ça très grave. Cela aurait été quelqu’un de 60 ans à ma place, il ne serait pas là pour témoigner», estime-t-il.

Le président de la région Guadeloupe, Ary Chalus, a «appelé à l’apaisement». «Il faut qu’on retrouve un calme, il faut éviter le feu», a déclaré. Mais l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG), en pointe de la contestation, a appelé «à poursuivre la mobilisation et à renforcer les piquets de revendications populaires», dans un communiqué. Luidgy, lui, craint que l’arrivée du GIGN et du Raid sur l’île n’aggrave encore la situation: «Je ne pense pas que l’envoi des policiers va calmer la population. Les manifestants ne voient pas ça comme une façon de calmer les choses mais plutôt de continuer à faire ce qu’ils font.»

Selon le parquet de Pointe-à-Pitre, seize personnes ont été interpellées et cinq d’entre elles ont été placées en détention dont une pour «violence volontaire avec arme sur une personne dépositaire de l’autorité publique».

(joc/afp)

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