Lausanne: «J’ai envie d’aller aux cours sans penser que je risque d’exploser»
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Lausanne«J’ai envie d’aller aux cours sans penser que je risque d’exploser»

Une quatrième fausse alerte à la bombe a eu lieu à l’École professionnelle commerciale de Lausanne vendredi. La veille, un courrier a été envoyé à tous les élèves pour les exhorter à adopter une attitude responsable. Les élèves sont partagés entre lassitude et peur.

Depuis fin janvier, les bâtiments de l’École professionnelle commerciale de Lausanne ont été évacués à quatre reprises et les cours suspendus à cause de fausses alertes à la bombe.

Depuis fin janvier, les bâtiments de l’École professionnelle commerciale de Lausanne ont été évacués à quatre reprises et les cours suspendus à cause de fausses alertes à la bombe.

Lecteur-reporter

«Science sans conscience n’est que ruine de l’âme», disait Rabelais. C’est certainement dans cet état d’esprit que la direction de l’École professionnelle commerciale de Lausanne (EPCL) a envoyé un courrier le 17 mars à ses quelque 400 élèves pour les inciter à adopter une attitude respectueuse et une «conscience professionnelle». Par ce biais, l’EPCL a dénoncé les fausses alertes à la bombe qui ont perturbé le déroulement des cours le 21 janvier, le 19 février et le 11 mars.

Le directeur de l’établissement a rappelé les effets pervers de ces regrettables alarmes qui mobilisent des agents de sécurité et entraînent la suspension des cours et l’évacuation des bâtiments. «Il s’agit d’une agression gratuite, lâche et inacceptable», a déclaré l’école dans l’espoir de mettre fin à cette spirale.

Mais, preuve que le message de la direction a eu peu d’effet sur les plaisantins qui troublent la quiétude de l’école depuis bientôt deux mois, une quatrième fausse alerte à la bombe a eu lieu vendredi. «Je suis un apprenti et j’aimerais pouvoir aller suivre les cours sans me demander s’il s’agit d’une vraie alerte à la bombe ou d’une blague. Il m’arrive de penser que je risque d’exploser en allant aux cours», a réagi un élève. «Au début, c’était un peu drôle. Maintenant, ça ne l’est plus. J’ai envie d’étudier en paix», a déclaré une autre élève.

Vidéo prise lors de l’évacuation du 11 mars à l’EPCL.

Jusqu’à trois ans de prison

Selon nos informations, les fausses alertes à la bombe ont été provoquées par des messages laissant croire qu’un drame imminent allait avoir lieu à l’EPCL. «Ce sont des billets que quelqu’un dépose dans les WC», souligne une source.

Pour la direction de l’EPCL, de par son «caractère gravissime et illégal», l’affaire a pris «une dimension inacceptable». Vendredi, le Canton a annoncé la tenue d’une séance de crise axée sur ces fausses alertes récurrentes.

Selon l’article 258 du Code pénal, «celui qui aura jeté l’alarme dans la population par la menace ou l’annonce fallacieuse d’un danger pour la vie, la santé ou la propriété sera puni d’une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d’une peine pécuniaire».

(apn)

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