22.11.2020 à 20:36

Edgar Ramirez«J’ai été kidnappé en pleine rue, à la vue de tous»

L’acteur vénézuélien est revenu sur un moment terrifiant de sa vie quand il a été enlevé par des inconnus pour toucher une rançon.

von
Henry Arnaud
L’acteur de 43 ans a commencé sa carrière au milieu des années 90 au Venezuela.

L’acteur de 43 ans a commencé sa carrière au milieu des années 90 au Venezuela.

AFP

Installé à Los Angeles, l’acteur, qui avait notamment marqué les esprits pour avoir incarné Gianni Versace, a dû quitter définitivement son Venezuela natal après avoir été enlevé en pleine rue. Edgar Ramirez est revenu sur ce traumatisme alors qu’il incarne le détective Mendoza dans la mini-série «The Undoing» sur OCS avec Nicole Kidman et Hugh Grant.

Comment avez-vous été kidnappé?
C’était en pleine rue à la vue de tous les passants. J’ai été enlevé pour une rançon. Au Venezuela, il y a malheureusement souvent des gens qui sont kidnappés par des délinquants puis relâchés en échange de quelques milliers de dollars, payés par leur famille. Le pire était d’avoir l’impression que ma vie m’échappait. Je n’étais plus maître de rien et on m’a considéré comme une marchandise. Heureusement, mes ravisseurs m’ont laissé partir après trois heures de détention.

Pourquoi vous ont-ils relâché?
Ma notoriété a, pour une fois, été un avantage. Quelques semaines avant moi, un grand joueur de baseball du Venezuela avait été enlevé et les commandos de la police avaient tué de nombreux kidnappeurs pour le récupérer. Quand ils ont compris que j’étais comédien, ils avaient deux options: m’échanger avec des gens de la mafia ou me relâcher. Mes kidnappeurs m’ont quand même dit que si je disais un mot sur eux, ils me retrouveraient pour me tuer. Voilà pourquoi j’ai gardé le silence plusieurs années. C’est aussi pour ça que j’ai quitté mon pays pour vivre à Los Angeles.

À quel point est-ce que cela a changé votre vie?
Le Venezuela a toujours été ma maison. Je prenais des avions souvent pour tourner en Amérique du Nord ou en Europe, mais je rentrais toujours chez moi entre deux films pour me ressourcer. Après cette épreuve, je ne voulais plus sortir le soir, j’avais peur de conduire seul ma voiture. Ce traumatisme m’a poussé à partir. Des proches et des amis ont été tués dans la guerre contre les trafiquants de drogue. Je ne voyais plus d’autre choix que d’aller habiter à Los Angeles, ville qui est en plus au centre de mon métier.

Avez-vous pensé à faire un film de votre cauchemar?
Non, j’ai besoin d’incarner autre chose que des histoires qui me seraient trop personnelles. Par exemple, je ne pourrais jamais incarner un patron de la drogue en Amérique latine car le meilleur ami de mon père a été tué par Pablo Escobar.

Vous incarnez un détective dans «The Undoing» qui enquête sur un meurtre. Pourriez-vous faire ce métier?
Absolument. Je suis d’une nature curieuse et j’ai une excellente mémoire. Je pose constamment des questions, ce qui est la base du métier de détective. Surtout, je me souviens de détails de discussions qui remontent à plusieurs années. Dans mon adolescence, je m’imaginais devenir journaliste ou sociologue. C’est l’expérience humaine que j’aime et je dirais qu’un bon détective doit, comme un bon acteur, savoir cerner les gens.

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