Manifestation à Genève – «J’ai tellement peur pour ma famille en Ukraine»

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Manifestation à Genève«J’ai tellement peur pour ma famille en Ukraine»

Arrivée en Suisse jeudi, Tamara a fui l’invasion russe de son pays. La jeune Ukrainienne a témoigné samedi lors d’un manifestation qui a réuni plusieurs milliers de personnes à la Place de Neuve.

par
Leïla Hussein
Plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Genève, samedi.lhu

«J’ai été réveillée vers 6h du matin par le bruit des bombes. Ma mère m’a appelée. Elle m’a dit qu’il fallait partir parce que la guerre avait commencé», a témoigné Tamara, samedi après-midi sur la Place de Neuve. Émue aux larmes, l’Ukrainienne a raconté, face à une foule de plusieurs milliers de personnes venues dénoncer l’invasion russe qui a débuté il y a dix jours, comment jeudi 24 février, elle avait dû quitter son pays à contrecœur. «Moi je suis ici. Mais mes grands-parents qui m’ont élevée, mes arrière-grands-parents et tous mes amis sont encore là-bas. J’ai tellement peur pour eux», a confié Tamara.

«Si ça tombe sur nous. On est morts»

Voiture, bus, avion. La jeune femme de presque 20 ans a relaté «le voyage le plus long et le plus horrible» de sa vie. «On entendait les coups de feu et les bombes et on se disait: «si ça tombe sur nous. On est morts.» Partie de Kiev, la capitale ukrainienne, il aura fallu une semaine à Tamara pour arriver à Genève.

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La jeune Ukrainienne, Tamara, a fui l’invasion de son pays par la Russie la semaine dernière. 

La jeune Ukrainienne, Tamara, a fui l’invasion de son pays par la Russie la semaine dernière. 

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Messages de solidarité

Comme elle, beaucoup de gens dont la famille est toujours sur place avaient fait le déplacement samedi, à partir de 14h. «Lorsque je vois que quelqu’un est en ligne sur le téléphone, je suis heureuse parce que je me dis qu’il est en vie», confie une jeune femme. De nombreux messages de solidarité se sont succédé au micro. La maire de la Ville, Frédérique  Perler, a dénoncé «une situation insupportable et intolérable» et s’est dit préoccupée par le sort du peuple ukrainien.

La menace nucléaire était également sur toutes les lèvres. «C’est flippant tout ce qui se passe, nous a confié Anne-Cécile. On a tous cru que ça allait s’arrêter, mais on voit que ça continue. Il faut stopper ça. Sinon on est tous cuits.» Samedi dernier, un rassemblement similaire s’était déjà tenu à Genève, sur la Place des Nations.

Protéger le ciel ukrainien

À tour de rôle, les intervenants ont appelé à «protéger le ciel ukrainien, à créer des corridors humanitaires ou encore à aider à armer le pays pour qu’il puisse se défendre». Tamara, elle, garde espoir que les choses s’améliorent. «On veut rentrer chez nous». Aujourd’hui, elle loge en France voisine chez sa mère à Ambilly, aux portes de Genève. Si elle a déjà un permis de séjour français valable deux ans, ce n’est pas le cas de ses deux cousins avec qui elle a fait le voyage. Ces derniers prévoient de faire une demande d’asile auprès des autorités françaises.

La manifestation a réuni quelque 3500 participants au plus fort de la journée, estime la police. Le rassemblement, qui s’est déroulé dans le calme, s’est ensuite mué en un défilé. La foule a traversé Genève pour rejoindre la Place des Nations, peu avant 17h. D’autres événements de soutien à l’Ukraine ont eu lieu en Europe et en Suisse, comme à Zurich où 40’000 personnes sont descendues dans la rue.

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