Actualisé 06.08.2009 à 13:36

Conventions de GenèveJakob Kellenberger souhaite une modernisation des textes

A une semaine du 60e anniversaire de la signature des Conventions de Genève de 1949, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) souligne la nécessité de moderniser ces textes qui protègent les personnes en cas de conflit armé.

Il souhaite une clarification de la distinction entre combattants et non-combattants.

L'évolution de la nature des conflits - de plus en plus de guerres civiles menées par des groupes de militants et non plus par des armées conventionnelles - rend indispensable cette révision des conventions, a dit le président du CICR, Jakob Kellenberger, dans une interview à Reuters.

Ces textes sur le droit humanitaire international sont plus que jamais nécessaires et empêchent de terribles conflits comme celui du Darfour d'être encore plus catastrophiques, a-t-il ajouté.

La distinction entre combattants et non-combattants doit être aujourd'hui clarifiée, les affrontements concernant de plus en plus d'«acteurs non-étatiques armés» - c'est ainsi que le langage diplomatique désigne les groupes activistes.

Large présence au Soudan

«Il est tout à fait évident que le non-respect du droit humanitaire par ces 'acteurs non-étatiques armés' est un gros problème», déclare Jakob Kellenberger.

Travailler avec les groupes rebelles pose toutes sortes de problèmes, ne serait-ce que pour entrer en contact avec eux, souvent dans des zones difficiles d'accès et pleines de danger. Il n'est pas évident non plus de savoir à qui s'adresser, et qui est responsable de quoi dans ces mouvements.

Pour le président du CICR, il ne fait aucun doute que les mouvements rebelles doivent se sentir liés par les conventions internationales, tout comme les armées conventionnelles.

Certains de ces groupes le comprennent bien, ajoute-t-il, prenant pour exemple le Soudan, où l'organisation mène actuellement son opération la plus vaste.

60 personnes libérées récemment

Il y a deux semaines, le Mouvement pour la Justice et l'Egalité (JEM), un groupe rebelle darfouri, a relâché 55 soldats et cinq policiers soudanais par l'entremise du CICR.

«C'est l'une des caractéristiques qui distingue le CICR - il dialogue avec toutes les parties en conflit, que ce soit des Etats ou des acteurs non-étatiques», dit le diplomate suisse.

La création de la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, se félicite Jakob Kellenberger, a prouvé qu'il n'était pas question de laisser se commettre des crimes sans que la justice, nationale ou internationale, ne s'empare aussitôt des dossiers. «Je suis vraiment convaincu que pour mieux faire respecter le droit humanitaire international, il faut dire non à l'impunité», dit-il.

Différend avec Colombo

Jakob Kellenberger précise que le CICR a de plus en plus accès aux centres de détention en Irak, même si certains sites sont toujours trop dangereux à visiter.

En Afghanistan, il s'est rendu lui-même à la prison de Bagram, une base américaine juste au nord de Kaboul.

Au Sri Lanka, la Croix-Rouge poursuit ses visites des prisons mais rencontre des difficultés avec le gouvernement de Colombo, qui souhaite que l'organisation limite ses opérations maitenant que la rébellion tamoule a été vaincue.

Souhait lancé

«Nous clarifierons la situation avec le gouvernement du Sri Lanka dans les prochaines semaines», assure le patron du CICR.

Les Conventions de Genève sont des traités internationaux fondamentaux dans le domaine du droit international humanitaire. Elles définissent des règles de protection des personnes en cas de conflit armé, notamment les soldats de certaines actions, les blessés et prisonniers de guerre, mais aussi les civils et leurs biens.

La première Convention de Genève date de 1864 mais les sept textes actuellement en vigueur sont les quatre Conventions de Genève du 12 août 1949, les deux protocoles additionnels du 8 juin 1977 et le troisième protocole additionnel de 2005.

(ats)

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