23.09.2020 à 09:10

Hockey sur glace«J’allais aux toilettes 30 à 40 fois par jour»

Dans un documentaire diffusé sur «TSN», l’attaquant Ryan Kesler a révélé que plusieurs joueurs de NHL consommaient des anti-douleurs à haute dose. Et les effets secondaires sont majeurs.

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Sport-Center
Ryan Kessler: «Tous les joueurs dans un vestiaire prennent un médicament contre la douleur, n’importe quoi qui peut te permettre de jouer.»

Ryan Kessler: «Tous les joueurs dans un vestiaire prennent un médicament contre la douleur, n’importe quoi qui peut te permettre de jouer.»

AFP

La «bombe» a été déterrée par la chaîne de télévision canadienne «TSN» mardi soir. Dans le documentaire «The Problem of Pain», on apprend que plusieurs professionnels absorbent quotidiennement du toradol, un anti-inflammatoire administré pour traiter les douleurs aiguës, une pilule qui est habituellement prescrite sur une durée maximale de cinq jours.

La raison: ainsi que le relaie «TVA Sports», des études ont montré qu’une utilisation prolongée peut provoquer des effets secondaires indésirables, tels que des problèmes au foie, aux reins et à l’estomac.

Maladie de Crohn

Plusieurs joueurs ont témoigné de cette problématique face à la caméra. Dont le joueur de centre américain Ryan Kesler (36 ans) qui affirme avoir été confronté à plusieurs pépins de santé en raison de sa surconsommation. Sous contrat avec les Anaheim Ducks jusqu’en 2022, le choix de première ronde des Vancouver Canucks en 2003 n’a d’ailleurs plus chaussé ses patins en match officiel depuis le printemps 2018. On lui a notamment diagnostiqué la maladie de Crohn au cours de l’automne 2019.

«J’avais des trous dans le côlon et des ulcères»

«J'avais des trous dans le côlon et des ulcères, et en gros, tout mon intestin a eu des spasmes, a raconté l’ex-coéquipier des défenseurs suisses Yannick Weber et Raphael Diaz à Vancouver. C'est très désagréable. J'allais aux toilettes 30 à 40 fois par jour. Et quand tu vas aux toilettes, c'est du sang pur. C’est épuisant. C'est terrible. Et tout ça parce que je n'étais pas au courant de ce que ce médicament pouvait potentiellement me faire.»

D’un ton péremptoire, il a ajouté: «Tous les joueurs dans un vestiaire prennent un médicament contre la douleur, n’importe quoi qui peut aider pour la douleur et te permettre de jouer.»

La peur de perdre son poste

Plusieurs intervenants ont expliqué que les joueurs tapent dans la pharmacie en raison de la pression et de la crainte permanente de perdre leur place dans la ligue la plus compétitive du monde, où il n’y a que quelque 700 postes de travail disponibles. De plus, la culture du hockey pousse les suiveurs et le public à glorifier les patineurs qui ne demeurent pas à l’écart du jeu lorsqu’ils souffrent d’une blessure.

«Je me sentais comme Superman»

C’est ainsi que les anti-douleurs ont allègrement franchi les portes des vestiaires. «Cela faisait partie de ma routine, a révélé l’ancien défenseur canadien Kyle Quincey (35 ans), retraité depuis 2019 après avoir notamment évolué avec Detroit, Colorado, New Jersey, Columbus et Minnesota. J’en prenais tous les jours à la fin de ma carrière. Il n’y avait aucune façon de disputer toute une saison sans ça. Quand tu prends du toradol, ça masque toutes les douleurs. Et ça n’enlève pas la lucidité, alors tu peux te concentrer et jouer un match. Tu peux littéralement courir et percuter un mur et ne rien sentir.» Et d’imager: «À quel point je me sentais bien avec ce médicament? Je me sentais comme Superman. Je ne pouvais pas me blesser.»

Changer les choses

Dans le reportage, Kesler a également confié qu’il avait choisi de briser un tabou pour tenter de faire changer les choses: «Je crois que c’est important que les docteurs et les entraîneurs s’assoient avec les joueurs pour expliquer les risques. Je n’ai jamais su ce que ça pouvait me faire. Je sens que si j’en parle, ça aidera tout le monde.»

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29 commentaires
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pato

23.09.2020 à 12:39

avec la maladie de crohn depuis l'age de 15 ans et cortizone et immunosupresseurs et chez les médecins toute la moitié de ma vie j'ai failli devenir aveugle, à 50 ans j'ai un intestin tout neuf car je me suis soigné seul en supprimant la cortisone le gluten et tous les produits laitier.

ComtedeBelmont

23.09.2020 à 12:34

Cessez vos commentaires stupides...les opioïdes prescrits a tour de bras,oxycontins,tramadol oxycodone,codeine sont une vraie saloperie a long termes et les blessés graves en savent quelque chose...plus difficiles a decrocher que l'heroine,alors un peu de compassion pour ces grands sportifs qui souffrent souvent pour vous faire rêver....

LePere

23.09.2020 à 11:51

La douleur n'est qu'une information qui ne sert qu'à vous rappeler que vous êtes toujours en vie... Cessez de la fuir et acceptez la.