«Jamais je ne pardonnerai la mort de mon fils»
Actualisé

«Jamais je ne pardonnerai la mort de mon fils»

Un chauffard de 23 ans est jugé devant la Cour d'assises pour meurtre par dol éventuel. Une première.

«Après quatre ans, il s'excuse. Mais lui est en vie alors que mon fils, mon bébé, nous a laissés seuls», hurlait lundi dans la cour du Palais de Justice la maman d'une des trois victimes de la tragique course-poursuite de Vésenaz, en 2004. «Jamais je ne lui pardonnerai», s'effondrait-elle. «Sa peine, c'est d'avoir survécu», répliquait, bouleversée, la mère du conducteur survivant. Un Suisse de 23 ans accusé du meurtre par dol éventuel de ses trois passagers. «Jamais, jamais mon fils n'a eu l'intention de tuer ses amis», balbutiait-elle encore avant de s'effondrer à son tour.

L'émotion était à son comble, lundi, sur les bancs de la Cour d'assises. Enjeu de ce premier procès d'ordinaire jugé par le Tribunal de police: déterminer si un chauffard qui a tué pourra être désormais considéré comme un meurtrier. Pour le procureur général Daniel Zappelli, le prévenu a agi en prenant le risque de faire mourir ses copains. Prétendre qu'il n'y avait aucun danger à rouler à 150 km/h sur des axes souvent limités à 50 km/h revient à se moquer de la justice, laissait-il entendre.

Venus témoigner, deux policiers de la brigade du trafic déclaraient aussi avoir été un peu choqués par le comportement du prévenu, qui semblait plus préoccupé par son sort que par celui de ses camarades. Le réquisitoire et les plaidoiries auront lieu mardi 10 juin. Le verdict est en principe attendu en soirée.

Giancarlo Mariani

Ton opinion