Union européenne: Jamais les Européens n'ont été aussi riches
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Union européenneJamais les Européens n'ont été aussi riches

Le patrimoine net des ménages européens a dépassé en 2013 le plafond atteint avant la crise financière en 2007. Il atteint un montant record de 56'000 milliards d'euros.

En 2007 , la fortune nette des ménages du Vieux Continent avait culminé à 54'500 milliards d'euros, ressort-il de l'étude «Wealth Report Europe» dont la première édition a été présentée jeudi à Zurich par Julius Baer. Ces chiffres confirment la position de l'Europe parmi les régions les plus riches de la planète, note le gestionnaire de fortune zurichois.

Sans surprise, quatre grands pays, à savoir l'Allemagne, le Royaume-Uni, la France et l'Italie, concentrent à eux seuls les deux tiers de ce patrimoine, soit 40'000 milliards d'euros. Ils recensent également le plus grand nombre de ménages avec une fortune supérieure à un million d'euros.

L'Allemagne compte ainsi 1,4 million de millionnaires, la France 1,3 million, l'Italie 818'000 en Italie et le Royaume-Uni 796'000. Avec un patrimoine net de 2700 milliards d'euros, soit 5% du total, la Suisse recense quant à elle plus de 555'000 millionnaires, soit 13% des foyers helvétiques.

Effet de la crise financière

Le patrimoine moyen européen se chiffre à 167'100 euros par adulte. En Suisse, ce montant atteint 394'000 euros. Il s'agit du deuxième montant le plus élevé derrière le Luxembourg (432'200 euros). La Belgique prend la troisième place du podium.

A l'autre extrémité du classement figurent l'Espagne (92'300 euros), la Grèce (58'900 euros) et la Slovaquie (33'300 euros). La crise financière n'est pas restée sans effet sur l'évolution du patrimoine des Européens.

Depuis 2007, la fortune nette des Suisses a bondi de plus de 1000 milliards d'euros, soit une croissance de 68%. Un mouvement identique, quoique plus mesuré, est aussi observé au Luxembourg ( 36%), en Autriche ( 33%) et en Allemagne ( 18%).

A l'inverse, la crise financière a entraîné un repli du patrimoine des Espagnols de 28%, 1434 milliards d'euros s'étant envolés. En Grèce, la chute s'est inscrite à 23%, avec la perte de 170 milliards d'euros.

Concentration

La diversité est aussi bien présente en matière de concentration de richesse à l'intérieur des pays européens. L'Allemagne, l'Autriche, et la Suisse représentent les champions dans ce domaine. Dans ces pays, 1% de la population la plus fortunée détient respectivement 40, 35 et 33% de l'ensemble du patrimoine.

A l'inverse, le Royaume-Uni (15%), la Grèce et les Pays-Bas (13% chacun) affichent des valeurs nettement moindres. Julius Baer explique ces différences du fait de la diversité des régimes fiscaux appliqués en matière d'héritage. Alors que l'impôt sur les successions reste faible, voire très faible en Suisse, en Autriche et à Chypre, il peut se monter jusqu'à 45% en Grande-Bretagne, en Espagne ou en France.

Reste que le véritable moteur de la concentration des richesses ne se trouve pas dans les textes de loi, mais sur les marchés des capitaux. En effet, les rendements des capitaux dépassent la croissance économique ainsi que celle des salaires. A ce titre, mieux vaut investir que travailler.

Selon l'étude, la concentration des richesses tend de nouveau à s'accentuer en Europe, après les pertes subies durant la Grande Dépression de 1929 et les deux guerres mondiales. Sur les cinq prochaines années, la fortune privée des Européens devrait augmenter de 40% pour atteindre 79'000 milliards d'euros en 2019. (ats)

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