Actualisé 27.01.2011 à 13:27

Sarkozy au WEF 2011

«Jamais nous ne laisserons tomber l'euro»

Le président français Nicolas Sarkozy a manifesté au Forum économique mondial (WEF) de Davos sa volonté de défendre la monnaie unique européenne.

«Avec (la chancelière allemande) Angela Merkel, nous sommes unis sur cette question. Jamais nous ne laisserons tomber l'euro», a-t-il déclaré.

«Les conséquences d'une disparition de l'euro seraient si cataclysmiques que l'on ne peut même pas jouer avec cette idée», a-t- il ajouté. «L'euro, c'est l'Europe. Et l'Europe, c'est 60 ans de paix. Ceux qui imaginent que nous pouvons l'abandonner ne comprennent rien à la psychologie européenne de pays qui veulent la paix. Jamais nous n'y renoncerons», a insisté le président français.

Nicolas Sarkozy a appelé de ses voeux une attention accrue face aux risques monétaires. «Nous ne pouvons pas continuer avec une organisation du XXe siècle alors que nous sommes au XXIe siècle. Pour l'instant, la seule instance où l'on parle de monnaie est le G8.» Mais le yuan ne peut pas rester hors des discussions et un organe qui n'inclut pas la Chine n'a donc aucune légitimité.

La poursuite des déséquilibres n'étant dans l'intérêt de personne, M. Sarkozy, qui occupe cette année les présidences du G20 et du G8, estime que ses collègues du G20 auront la bonne volonté de faire un pas l'un vers l'autre. «Il nous faut un nouveau cadre. Ça ne sera pas fait en une année, mais nous allons en discuter.»

Déterminés face aux banques

Comme lors de la dernière édition du WEF, lors de laquelle il avait tenu un discours fustigeant les dérives du monde de la finance, les banquiers en ont à nouveau pris pour leur grade. A une intervention du patron de la banque JP Morgan, James Dimon, inquiet d'une trop forte régulation, Nicolas Sarkozy a répondu qu'il ne fallait pas oublier comment la crise économique et financière avait débuté.

«Une grande banque américaine a fait faillite de manière inattendue alors que les perspectives étaient excellentes. Le monde l'a payé avec des dizaines de millions de chômeurs. Tout cela parce que des institutions majeures se sont livrées à des activités qui n'avaient rien à voir avec le bon sens», a rappelé le chef d'Etat français.

«La flexibilité ne me gêne pas, mais il faut réguler un certain nombre de domaines. Nous serons sages et raisonnables, mais nous seront aussi déterminés», a-t-il averti.

Quant à la hausse des prix des matières premières, il l'a qualifié de «rendez-vous essentiel» de son année à la tête du G20, soulignant qu'ils représentaient un risque majeur pour la croissance mondiale. «La pénurie, mais aussi le manque de transparence sur l'état des stocks et la spéculation ont conduit à une explosion des prix.» Une plus grande régulation des produits dérivés agricoles est une des pistes qu'il entend suivre pour affronter le problème. (ats)

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