«INDIGENES»: Jamel & Co. vont changer le regard de la France
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«INDIGENES»Jamel & Co. vont changer le regard de la France

Le réalisateur Rachid Bouchareb rend aux «tirailleurs sénégalais» le magnifique hommage que la France ne leur a jamais offert.

Le film qui bouleverse le regard des Français sur leur passé sort aujourd'hui sur les écrans

romands. «Indigènes», avec Jamel Debbouze, évoque le sort des

«tirailleurs sénégalais».

Pendant la Seconde Guerre mondiale, 130 000 soldats venus d'Afrique du Nord se sont enrôlés pour sauver la France du nazisme et du fascisme. Ces «tirailleurs sénégalais» étaient Africains, Marocains, Algériens, Tunisiens.

«Indigènes» suit l'épopée d'un bataillon venu d'Algérie. Dans l'équipe, Jamel Debbouze, Sami Bouajila, Roschdy Zem, Samy Naceri et Bernard Blancan. Tous méritent le Prix de l'interprétation masculine à Cannes. A juste titre. Cette histoire, c'est leur histoire, celle de leurs enfants, celle des Français. Pour apporter de l'authenticité aux personnages, Rachid Bouchareb et son coscénariste, Olivier Lorelle, ont fait des recherches auprès du service de documentation des armées et ont retrouvé des documents du Ministère de la défense aux noms de Naceri, Debbouze, les ancêtres des acteurs principaux du film.

Recrutés sur leurs terres arides et chaudes en criant: «Vive la France!», ces tirailleurs se sont ensuite retrouvés en Provence, puis dans les Vosges, où ils se battaient toujours «pour le destin de la France».

Cela faisait plusieurs années que le réalisateur et producteur Rachid Bouchareb voulait porter à l'écran une histoire occultée par celle avec un grand H. Celle de gens oubliés par les gouvernements français. Peu de temps avant le Festival de Cannes, Bouchareb a envoyé à l'Elysée les dossiers des derniers tirailleurs survivants pour leur obtenir la légion d'honneur. Une demande qui avait déjà été faite plusieurs années auparavant, sans jamais de réponses. Comme il le dit lui-même, ces vétérans ne sont absolument pas «revanchards» et sont fiers de ce qu'ils ont fait.

On pourrait qualifier «Indigènes» d'académique et d'un peu trop facile, sous-entendu il est facile de pleurer quand on voit des gens se faire tuer à la guerre. Mais le sujet transcende de lui-même tout cela et dépasse toute critique. Enfin, les comédiens sonnent tous justes, emmenés par un Sami Bouajila inoubliable. A voir, pour son histoire, sa justesse, son émotion, pour les futures générations, pour les vétérans...

Elsa Duperray

De Rachid Bouchareb, avec Sami Bouajila, Jamel Debbouze, Roschdy Zem, Samy Naceri, Bernard Blancan

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