Grogne: Jardiniers genevois en colère
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GrogneJardiniers genevois en colère

Un syndicat a dénoncé jeudi les conditions de travail des employés du Service des espaces verts (SEVE) et promet des actions visibles si les autorités ne bougent pas. La Ville a un autre son de cloche.

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ats/tpi
Le syndicat a manifesté devant la très touristique horloge fleurie.

Le syndicat a manifesté devant la très touristique horloge fleurie.

En sous-effectif chronique, les employés sur le terrain doivent faire face à une surcharge de travail, selon le Syndicat des services publics (SSP). «Depuis 2008, le SEVE a perdu 30 postes à temps plein, soit environ 17% du personnel de terrain», a relevé Sabine Furrer, secrétaire syndicale.

«Quinze postes ont été transférés à la voirie et d'autres n'ont pas été renouvelés», précise-t-elle. En même temps, les tâches à accomplir sont toujours plus nombreuses. Des volontaires ont même été réquisitionnés pour travailler le week-end, selon la syndicaliste. La situation devrait empirer avec la concrétisation du projet Urbanature qui prévoit de verdir la ville.

Le syndicat demande à la Ville d'inscrire au budget 2015 les 30 postes supplémentaires nécessaires au bon fonctionnement du SEVE. Une pétition en ce sens a été signée par une centaine des 150 collaborateurs du SEVE. Ils demandent aussi des véhicules et du matériel adapté à leur travail. Les équipements actuels sont jugés vétustes et «limites au niveau sécurité», selon le SSP.

Le syndicat a alerté les autorités à plusieurs reprises. S'il n'obtient pas d'engagement ferme de la part du magistrat de tutelle Guillaume Barazzone, il annonce déjà des actions de lutte plus musclées, dont des débrayages. Des collaborateurs du SEVE avaient déjà exprimé leur ras-le-bol en septembre dernier lors d'une manifestation organisée en marge d'une séance du Conseil municipal.

Contacté, Guillaume Barazzone ne compte pas se laisser dicter l'agenda politique par le syndicat. «Il n'y pas de négociations à faire quant au nombre postes nécessaires au fonctionnement du SEVE. Toute demande d'engagement doit être fondée sur des besoins objectivés. Un travail d'inventaire est actuellement en cours et en fonction des résultats nous prendrons une décision qui s'inscrira de toute façon dans le processus budgétaire de la Ville.» Il rappelle également que si 17% des effectifs du SEVE ont bien été transférés vers la voirie, 17% des charges de nettoyage ont suivi le même chemin.

L'élu dit rester à l'écoute des doléances des employés. «Nous nous rencontrons régulièrement», souffle-t-il. Il reconnaît d'ailleurs que la vétusté du matériel actuel est «un vrai problème». Mais son renouvellement est en cours. Un crédit de 2,4 millions de fr. a été voté par le Conseil municipal en juin 2012. Vingt-trois nouveaux véhicules et engins ont déjà été livrés. Deux autres commandes sont en cours.

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