Actualisé 23.10.2012 à 14:26

«Skyfall»

Javier Bardem, grand méchant pour grand Bond

Dans la peau de Silva, l'ennemi de 007 dans «Skyfall», qui sort ce samedi, Javier Bardem est simplement sidérant. Interview.

de
Gabriel Lecomte

– Où êtes-vous allé chercher l'inspiration pour créer Silva?

– Sam Mendes (ndlr: le réalisateur) m'a suggéré de cons­truire le personnage autour du fait qu'il est mal dans sa peau. Rien n'est naturel dans sa façon de bouger, son apparence ou son sens de l'humour. Les méchants dans l'univers de Bond ont quelque chose de fantaisiste, mais aussi de réaliste. Silva est très humain: c'est un homme brisé qui a un objectif personnel précis.

– Son look, c'est votre idée?

– Sam et moi nous sommes inspirés de photos de diverses personnes, certaines connues, et d'autres que nous avons trouvées sur internet ou ailleurs. Je ne vais pas vous donner de noms. Il y avait pas mal de politiciens dans le lot, des gens bizarres, quoi!

– Que pouvez-vous nous dire de l'orientation sexuelle du personnage? Il se comporte d'une drôle de façon avec Bond lors de leur première rencontre…

– Le scénario fait référence à cet aspect. Sam et moi en avons discuté et nous avons décidé de laisser planer le doute. C'est au spectateur de se ­faire sa propre opinion. Pour moi, on ne peut apposer ­aucune étiquette sur Silva.

– Vous aviez créé un méchant d'anthologie dans «No Country for Old Men», des frères Coen. Craigniez-vous de vous répéter en acceptant ce rôle-ci?

– Chaque personnage est différent s'il est bien construit. Lorsque je lis un scénario, je sens tout de suite si on cherche à me faire jouer la même ­chose. Si tel est le cas, je dis non. Les frères Coen m'ont expliqué qu'Anton Chigurh incarnait un symbole de la violence. Silva, lui, est un être humain.

– Quel était votre rapport aux films de James Bond avant «Skyfall»?

– J'ai 43 ans, je les ai tous vus. D'abord «Moonraker» lorsque j'avais 12 ans. J'ai tout de suite été attiré par le personnage de Jaws. Je trouvais que c'était un gars gentil, on pouvait le lire dans ses yeux. Je me demandais pourquoi les gens avaient peur de lui. Je suppose que mon destin était déjà tout tracé!

«Skyfall»

De Sam Mendes. Avec Daniel Craig, Javier Bardem, Bérénice Marlohe.

Sortie le 27 octobre 2012

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«Skyfall», un 007 d’anthologie

Donné pour mort après une mission en Turquie qui a mal tourné, 007 réapparaît pour venir en aide à M (Judi Dench). La patronne du MI6 est la cible de l’inquiétant Silva, un ex-agent de son département reconverti en cyberterroriste, déterminé à se venger d’elle. Le réalisateur Sam Mendes rend hommage à la saga cinquantenaire (action spectaculaire, décors exotiques, Bond girls sexy) tout en ajoutant sa griffe: une formidable direction d’acteurs, des personnages étoffés et une esthétique léchée. Un des meilleurs Bond à ce jour, qui tient le spectateur en haleine jusqu’au dramatique dénouement final.

Petit rôle, mais grosse présence

Elle n’apparaît que quelques minutes à l’écran, mais Bérénice Marlohe a beaucoup de présence dans le rôle d’une femme fatale terrorisée par Silva. «J’ai puisé au fond de moi, dans les choses qui me touchent, pour donner de l’intensité à mon personnage. Je ne supporte pas l’injustice et je suis indignée par le génocide cambodgien», révèle la Française d’origine sino-cambodgienne. Inconnue avant d’être choisie pour «Skyfall», la comédienne de 33 ans a impressionné les producteurs en préparant son audition «jour et nuit, presque sans dormir». Cela dit, elle ne se considère pas comme une Bond girl. «Peut-être que lorsque je verrai le film dans cinq ans, je me dirai que c’était supercool d’avoir joué dans un tel film.»

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