Yverdon-les-Bains (VD) – «Je cherchais de la convivialité, je n’ai tué personne»
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Yverdon-les-Bains (VD)«Je cherchais de la convivialité, je n’ai tué personne»

Condamné à 3000 francs d’amende par le préfet pour n'avoir pas respecté les mesures Covid, le président de l’UDC yverdonnoise Ruben Ramchurn s’est défendu, sans masque, devant le tribunal d’arrondissement.

par
Jérôme Genet
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Ruben Ramchurn, déterminé a son arrivée au tribunal, lundi matin, derrière son avocat Jean-Luc Addor.

Ruben Ramchurn, déterminé a son arrivée au tribunal, lundi matin, derrière son avocat Jean-Luc Addor.

20min/Jérôme Genet
Le Tribunal d'arrondissement de la Broye et du Nord vaudois à Yverdon-les-Bains, lundi matin.

Le Tribunal d'arrondissement de la Broye et du Nord vaudois à Yverdon-les-Bains, lundi matin.

20min/Jérôme Genet

Réputé pour des prises de position souvent cinglantes, Ruben Ramchurn comparaissait en audience pénale ce lundi matin. S'opposant à la sanction de 3000 francs infligée par le préfet du Nord vaudois, le président de l’UDC Yverdon a pu enlever son masque de protection pour défendre sa cause, alors que c’est précisément pour ne pas en avoir porté un correctement, ni avoir respecté sa mise en quarantaine fin février, que l’Yverdonnois de 39 ans a été dénoncé aux autorités.

Le tribun, habitué aux coups d’éclats, a répondu très calmement aux questions sur le déroulement des faits reprochés, tout en les réfutant. Son avocat, le conseiller national UDC Jean-Luc Addor, n’a pas donné dans le spectacle non plus. Sans partie adverse pour les contredire, les échanges sont restés sans fastes dans la petite salle du tribunal. L’avocat valaisan s’est tout de même permis quelques boutades et sourires avec la présidente, rappelant qu’il était originaire de la région, de Sainte-Croix. Face à la magistrate et cinq journalistes, Ruben Ramchurn, lui, paraissait déterminé, mais tendu.

«Est-ce un délit de sale gueule?»

Jean-Luc Addor, avocat de Ruben Ramchurn

Depuis des mois, l’élu n’a pas cessé de répéter qu’il est victime d’un acharnement, dans cette affaire qu’il a lui-même rendue publique. Il a été photographié et filmé lors des rassemblements reprochés «quand j’avais enlevé mon masque pour boire, dit-il. Il y avait d’autres personnes autour de moi qui n’ont pas été dénoncées», martèle Ruben Ramchurn, d’un ton modéré. «Mon client n’est pas un délinquant, est-ce donc un délit de sale gueule, pour faire un exemple», a défendu son avocat qui qualifie l’amende de 3000 francs disproportionnée.

L’avocat valaisan a rappelé le contexte, en pleine campagne pour les élections communales vaudoises de ce printemps. «C’est dans la nature de la politique d’avoir des contacts. Est-ce criminel et inavouable?» a t-il lancé à la présidente du Tribunal d'arrondissement de la Broye et du Nord vaudois. Et l’accusé d’ajouter: «Je cherchais de la convivialité, je n’ai tué personne». Ses opposants politiques lui reprochent depuis un certain temps de jouer avec les limites.

Jugement en fin de semaine

A la sortie, Ruben Ramchurn avouait être content d’avoir été écouté: «Nos arguments ont été bien expliqués. Je suis de bonne foi». Bien décidé, pour le principe, à se battre, le Vaudois doit encore patienter avant de connaître son sort. Son avocat a émis des doutes sur la compétence du tribunal, et aussi du préfet, pour juger cette affaire. La présidente assure qu’elle en tiendra compte avant de rendre son verdict, d’ici la fin de la semaine.

Quarantaine ou canular?

«A l’époque», comme le rappelait l’accusé, le 27 février dernier, Ruben Ramchurn tenait un stand pour l'UDC Yverdon, alors que les services du médecin cantonal lui avaient notifié, par téléphone, de se mettre en quarantaine. «Je ne m’en souviens pas et cela aurait pu être un canular téléphonique», a répondu le conseiller communal. Pourtant, la juge lui a signifié que l’opérateur chargé du traçage avait déclaré l’avoir trouvé virulent au téléphone, avant qu’il ne raccroche l’appel.

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