Suisse: «Je connais des prêtres qui habitent pratiquement avec leur famille»
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Suisse«Je connais des prêtres qui habitent pratiquement avec leur famille»

La clandestinité pourrait bientôt prendre fin pour les familles de religieux selon un journal italien.

par
Thomas Piffaretti

Le quotidien transalpin «La Stampa» croit savoir que le Vatican est prêt à régulariser les enfants illégitimes des prêtres. Si Rome dément pour le moment l'information, cette solution permettrait de garantir à la fois les droits des enfants et des concubines des religieux, et de prévenir également tout procès en paternité intentés contre l'Eglise. Un espoir, surtout, de sortir de la clandestinité pour les familles de prêtres.

En Suisse, l'association ZöFra, qui aide les personnes touchées par le célibat des prêtres, assiste environ 140 enfants et 450 femmes de religieux. «Je connais des prêtres qui habitent pratiquement avec leur famille» affirme la présidente de l'association, Gabriella Loser Friedli. «Car la clandestinité pèse lourdement sur le psychisme des enfants. Ils doivent savoir qui est leur père, sinon ils ne pourront pas correctement construire leur identité », poursuit-elle. ZöFra observe qu'il devient de moins en moins difficile pour un ordonné catholique d'assumer sa famille auprès des paroissiens. En revanche, selon Gabriella Loser Friedli, la hiérarchie ecclésiastique serre la vis. Et reconnaître une femme et un enfant implique la perte du ministère religieux et du salaire. Un choix douloureux dans un marché du travail toujours plus exigeant.

De son côté, le Diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg s'aligne sur la politique du Saint-Siège. L'Abbé Nicolas Betticher affirme ne pas avoir connaissance de pareille situation dans son ministère. Mais pour le vicaire général du Diocèse, si un cas était avéré, «il faudrait avant tout instaurer le dialogue entre toutes les parties. Le respect de la femme et des enfants est primordial. Et le prêtre devrait faire face à ses responsabilités, en accord avec les dispositions du Code civil suisse et les règles de l'Église».

Reste qu'au début de cet été, Benoît XVI rappelait devant un parterre de religieux autrichiens l'importance et la signification du célibat dans la religion catholique. Un mémorandum demandant l'abolition de cette pratique avait pourtant été remis au pape par un cardinal viennois.

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