JO 2016: «Je dois laisser ma place à ceux qui sont à 100%»

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JO 2016«Je dois laisser ma place à ceux qui sont à 100%»

L'équipe de poursuite par équipe sur piste a été désignée lundi. Ecarté par Daniel Gisiger, le Vaudois Frank Pasche accepte la décision avec dignité.

par
Oliver Dufour
Rio de Janeiro
Frank Pasche, à gauche sur la photo, avec ses compères titulaires Cyrille Thièry, Silvan Dillier, Olivier Beer et Théry Schir.

Frank Pasche, à gauche sur la photo, avec ses compères titulaires Cyrille Thièry, Silvan Dillier, Olivier Beer et Théry Schir.

photo: Keystone/Peter Klaunzer

Il en fallait forcément un. Le choix du coach s'est arrêté sur lui. Frank Pasche, vice-champion d'Europe l'automne dernier à Granges, titulaire régulier, presque indéboulonnable, du quatuor de pistards helvétiques depuis deux ans, ne participera pas avec ses habituels coéquipiers à l'épreuve de la poursuite par équipe dans le vélodrome olympique de Rio, ce jeudi, en raison d'une légère méforme. Le résident de Savigny, décrit par son coach comme le boute-en-train de la bande, toujours en train de faire des blagues et redoutable spécialiste des départs dans l'équipe avait cette fois forcément un peu moins envie de plaisanter. Il a toutefois fait preuve d'une belle lucidité au moment d'évoquer sa peu enviable situation de «cinquième roue du carrosse».

Frank Pasche, quand avez-vous appris la nouvelle?

C'était hier (ndlr: dimanche), après l'ultime entraînement de sélection fixé par notre coach, Daniel Gisiger.

Et comment le vivez-vous sa décision?

Je l'accepte sans mauvaise pensée, même si c'est très dur. Je suis en paix avec moi-même. Bien sûr, j'aurais aimé faire partie des quatre coureurs alignés, mais c'est comme ça. C'est un peu une première pour moi dans cette équipe, parce que j'ai la plupart du temps été titulaire, mais en cours de saison, sur les épreuves de Coupe du monde, on s'est aussi déplacé avec cinq coureurs et forcément l'un d'entre nous ne courait pas. Sur piste on ne peut pas mentir. Il faut être à 100% de ses capacités et moi je suis peut-être à 98%. Je dois laisser ma place à ceux qui sont le plus en forme.

Ca veut dire que vous vous y attendiez un peu?

Disons que je connais un léger creux depuis le début de l'année. Je le ressentais forcément ces derniers temps, mais on se dit toujours que ça ira mieux le lendemain, qu'on ira se faire masser et que la forme reviendra. En tant que sportif, les performances peuvent être en dents de scie et il y a forcément des jours où ça se passe un peu moins bien sur le vélo. Mais on n'arrête pas d'y croire pour autant. C'est juste cette dernière marche que je n'aurai pas réussi à atteindre.

Est-ce que ce creux de forme peut s'expliquer?

Je ne veux pas trop essayer de tout analyser maintenant. Après les Jeux je prendrai un peu de temps pour réfléchir à tout ça. Mais il y a sans doute quand même un lien avec mon arrivée dans l'équipe sur route Roth-Gruppe (ndlr: division continentale), après mon engagement en octobre de l'an passé. J'ai peut-être un peu trop jonglé entre route et piste, en ne prenant pas assez de temps pour récupérer. Mon corps a peut-être un peu tiré la sonnette d'alarme. J'avais été prévenu que ça serait dur, mais j'ai toujours assumé mes choix et j'ai toujours cru en moi.

Votre coéquipier Silvan Dillier se trouve un peu dans la même situation, lui qui a régulièrement bataillé avec son équipe BMC pour trouver du temps pour la piste à côté de ses obligations sur route...

Oui, mais pour lui c'est quand même très différent, dans la mesure où il est pro depuis plusieurs saisons maintenant. Son corps a un peu plus l'habitude d'encaisser les changements.

Maintenant que la décision est tombée, vous serez quand même avec l'équipe au vélodrome jeudi?

Oui, je serai là pour apporter mon soutien et j'aiderai le coach à tout préparer. Nous sommes une grande famille et je fais toujours partie de l'équipe. Forcément, je suis un peu à l'écart parce que les quatre autres doivent rester dans leur truc et je ne veux pas risquer de leur transmettre de mauvaises émotions. Je fais en sorte de rester digne et de garder le sourire.

Dans quatre ans, il y aura de nouveau des Jeux. C'est une échéance à laquelle vous pensez?

Bien sûr! Je suis toujours jeune et comme je l'ai dit je fais toujours partie de l'équipe. Le futur projet aura besoin de coureurs avec un peu plus d'expérience pour encadrer les jeunes qui arriveront dans le groupe. J'aurai le bagage de ces Jeux de Rio à emmener avec moi.

Twitter: @Oliver_Dufour

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