Actualisé 13.11.2011 à 18:13

Paris-Bercy«Je l'ai tellement attendue cette victoire»

Roger Federer a remporté pour la première fois le Masters 1000 de Paris-Bercy en battant le Français Jo-Wilfried Tsonga 6-1 7-6.

Roger Federer a ajouté dimanche une nouvelle ligne à son incroyable palmarès. Le Bâlois de 30 ans a remporté pour la première fois le Masters 1000 de Paris-Bercy, seul tournoi de cette catégorie dans lequel il n'avait jamais atteint la finale jusque-là.

Seul homme à avoir atteint la finale des neuf Masters 1000 du calendrier, il a dominé Jo-Wilfried Tsonga (ATP 8) 6-1 7-6 (7/3) en 1h26' dimanche. Le no 4 mondial, qui a remporté les 12 matches qu'il a disputés depuis l'US Open, s'impose ainsi comme le grand favori à sa propre succession dans le Masters qui commencera dimanche prochain à Londres.

Impérial pendant toute la semaine

Roger Federer s'est adjugé son 18e titre en Masters 1000 (soit un de moins que le leader dans ce domaine Rafael Nadal), le 69e au total en 99 finales jouées depuis sa première apparition à ce stade de la compétition le 13 février 2000 à Marseille où il avait subi la loi de Marc Rosset. Il est par ailleurs simplement le deuxième joueur après Andre Agassi à réaliser le doublé Roland-Garros/Paris-Bercy, ce dernier tournoi ayant toutefois connu sa première édition en 1986.

Les mauvaises langues estimeront peut-être que Roger Federer a bénéficié de circonstances favorables, avec les forfaits de Rafael Nadal - annoncé une semaine avant le début du tournoi - et Novak Djokovic - avant son quart de finale - ainsi que la défaite prématurée d'Andy Murray. N'empêche que le Bâlois a survolé les débats, se montrant bien plus convaincant qu'à Bâle. Impérial sur son engagement tout au long de la semaine, il concédait deux breaks seulement (un face à Richard Gasquet au 2e tour et un face à Juan Monaco en quart de finale). Il donnait même une leçon de tennis à Tomas Berdych (ATP 7) et Jo-Wilfried Tsonga dans ses deux derniers matches.

Deux premiers jeux cruciaux

La finale s'est peut-être jouée dans ses deux premiers jeux. Jo-Wilfried Tsonga, qui avait dû écarter trois balles de match samedi face à John Isner, cherchait le k.o. d'entrée. Il bousculait Roger Federer dès les premiers échanges et se procurait logiquement deux balles de break consécutives. Le «puncheur» du Mans gâchait cependant ces deux opportunités, avant d'offrir un break à son adversaire dans la foulée alors qu'il avait claqué deux aces pour entamer son propre jeu de service.

Déjà particulièrement confiant après sa démonstration de la veille, Roger Federer s'envolait en profitant ça et là des erreurs d'un Jo-Wilfried Tsonga parfois désabusé. Groggy après le premier set, le Français avait le mérite de relever la tête dans le second en s'appuyant sur un service plus efficace. Il s'en est même fallu de peu pour qu'il renverse la vapeur: l'attaque de coup droit qu'il armait sur une balle de break à 4-3 30/40 sortait cependant de quelques centimètres. Le vainqueur de l'édition 2008 du tournoi de Paris-Bercy tenait le choc jusqu'au tie-break, dans lequel il caquait complètement face à un Roger Federer toujours aussi précis dans ses frappes.

Interview de Roger Federer

«Je l'ai tellement attendue cette victoire. Ca fait dix ans que j'essaie, et pour plusieurs raisons je n'y étais jamais arrivé. C'est une victoire spéciale. A la fin j'étais fier et soulagé, heureux aussi de partager ça avec ce public qui m'a soutenu énormément pendant toute la semaine, poursuivait-il. En me réveillant ce matin je ne me sentais pas très bien. J'étais très nerveux, crispé et mon rhume ne m'a pas aidé. Mais je me suis rappelé qu'il m'est déjà souvent arrivé dans le passé que ce soit justement dans des états comme celui-là que je jouais mes meilleurs matches.»

«Je ne joue pas pour prouver quelque chose aux journalistes mais pour moi, mes fans et la Suisse. Si ça marche, super. Si ça ne marche pas, tant pis. Je trouve complètement normal que je me fasse critiquer. Je ne peux pas avoir que des compliments pendant dix ans. Il en faut vraiment beaucoup aujourd'hui pour me perturber, pour que je perde la tête. Cette année je suis toujours resté calme, je ne me suis jamais vraiment senti sous pression. J'ai vécu des moments très difficiles lorsque j'ai perdu des matches que je n'aurais jamais dû perdre. J'ai raté quelques occasions immenses. Mais ça reste quand même une année solide», concluait Roger Federer, vainqueur dimanche de son troisième titre de l'année après Doha lors de la première semaine de la saison et Bâle le dimanche précédent. (ats)

Réveillé de nuit par sa fille

Roger Federer a eu du mérite de remporter le tournoi de Paris-Bercy dimanche vu la petite nuit qu'il venait de passer après le réveil de l'une de ses filles à quatre heures du matin, comme l'a raconté le Suisse dimanche en conférence de presse. Déjà aux prises avec un rhume tenace, le Suisse a également eu la mauvaise surprise de voir débarquer dans son lit l'une de ses jumelles âgée de deux ans, elle aussi malade depuis le début de la semaine.

«Cette nuit, j'espérais que ça allait bien se passer lorsque, soudain, on s'est retrouvés à courir dans leur chambre pour voir si tout allait bien. Mirka (sa femme) m'a dit: viens, on la prend dans notre lit . J'ai dit d'accord, allons-y (rires). Je n'avais pas envie d'une dispute à 04h00 du matin. En fin de compte, ça allait. Je suis heureux», a-t-il rapporté le sourire au lèvres.

«Ce n'était certainement pas la meilleure façon de préparer la finale (rires). Mais je me suis rappelé que dans le passé, c'est justement dans des moments comme ça que j'ai joué mes meilleurs matches», a ajouté le Suisse après sa victoire 6-1, 7-6 sur le Français Jo-Wilfried Tsonga qui lui a permis de s'imposer pour la première fois à Bercy.

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