Hockey - LNA: «Je le hais, mais peut-être qu'avec le temps...»
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Hockey - LNA«Je le hais, mais peut-être qu'avec le temps...»

L'arrivée de Chris Rivera, alors que l'attaquant avait insulté le club, fait jaser à Fribourg Gottéron. Quelques fans rencontrés à la BCF Arena ont fait part de leur surprise.

par
Oliver Dufour
Fribourg
Le nouvel attaquant fribourgeois a inscrit son premier point dès son premier match avec les Dragons.

Le nouvel attaquant fribourgeois a inscrit son premier point dès son premier match avec les Dragons.

«Pour être franc, je le déteste», met immédiatement au point Gilles (33 ans), qui a découvert la nouvelle de l'engagement du joueur dont Genève-Servette ne voulait plus. La raison de son courroux? Il y a cinq ans, Chris Rivera s'était illustré lors d'une interview en déclarant : «Je n'aime pas Gottéron. Ni ses joueurs bêtes et stupides, ni son environnement. Je déteste ce club.»

Depuis l'incident, celui qui a fait presque toute sa carrière avec les Aigles «grenat» a présenté ses excuses plusieurs fois, en expliquant qu'il avait seulement cherché à faire grimper l'intensité de la série de play-off opposant Fribourg et Genève. Rivera, qui a déjà avoué qu'il «adore être détesté», risque cependant d'être servi mardi soir, pour son premier match avec les Dragons face à... son ancien club.

A en croire quelques supporters rencontrés aux abords de la patinoire à quelques minutes du début du match (à 19h45), l'intégration de Chris Rivera ne va pas de soi. «J'avoue que je ne comprends pas son engagement, je suis un peu sous le choc», déclare Steve (37 ans), qui suit les Dragons depuis les glorieuses années 1990 de Bykov et Khomutov. «Il a insulté un club et un canton», précise le fan. «Je pense que les dirigeants du club perdent en crédibilité. Ils se sont tiré un balle dans le pied. C'est juste un mercenaire On ne peut pas oublier des paroles dures comme les siennes. Je ne l'applaudirai pas et ne célébrerai pas s'il marque.»

«Pourquoi Fribourg?»

Même son de cloche chez Gilles, qui répète sa haine pour le nouveau transfuge. «Je ne l'applaudirai pas. Mais peut-être que d'ici deux ans, avec le temps, je verrai les choses autrement», tempère-t-il. «Parfois la psychologie s'inverse. Celui avait qui tu te battais à l'école devient un jour ton meilleur pote. Mais il sera sous pression. S'il joue, je pense qu'il va juste se contenter de bien jouer, faire profil bas.» Et s'il venait à marquer le but décisif? «Moi, j'attendrai qu'il en marque beaucoup pour changer d'avis», coupe Rebecca (28 ans), sa sœur. «J'oscille en surprise et colère. Pourquoi, parmi tous les clubs, vient-il à Fribourg? Il faudra qu'il fasse ses preuves. S'il se bat avec Bezina, par exemple... »

Supportrice de Gottéron vivant à Genève, Stéphanie (25 ans), voit les choses un peu différemment. «C'est un bon joueur, qui se donne toujours à 100%. Il a tenu ces propos il y a cinq ans, il a sûrement mûri depuis. C'est sûr qu'en tant que hockeyeur il y a des choses qu'il vaut mieux éviter de dire, mais il s'est excusé. Je me pose plus de questions par rapport à son état de santé, par contre, puisqu'il sort d'une lourde commotion. Mais je trouve que de l'aligner contre Genève serait une très bonne chose. Il voudra encore plus s'investir contre le club qui l'a foutu dehors.»

«C'est sans doute une contrepartie»

Cédric (45 ans), abonné à la saison à la BCF Arena, se dit lui aussi surpris par la venue de Rivera. «Après toutes ces péripéties, cette longue histoire de rivalité, c'est un peu étrange. D'autant plus qu'il me semble qu'on n'en avait pas vraiment besoin dans l'effectif. Je pense que ça doit être une sorte de contrepartie restante de l'échange Loeffel-Kamerzin-Fritsche, un accord entre les deux clubs. Mais d'un autre côté, il faut dire qu'il a une bonne expérience de la LNA. Et tout le monde a droit à une seconde chance. Quand il aura marqué son but, sans doute encore plus», sourit le supporter.

Un peu plus tard dans la soirée, Chris Rivera a été crédité d'un assist sur l'ouverture du score du HCFG, signée Flavio Schmutz en fin de 1er tiers. Lors de l'annonce du speaker, qui n'a donné la correction qu'au début du 2e tiers, alors que la passe décisive avait à l'origine attribuée à John Fritsche, le public de la BCF Arena a réservé un accueil très partagé à la nouvelle. Quelques cris de joie, mais aussi quelques sifflets, ont retenti dans les gradins.

Twitter, @Oliver_Dufour

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