Vaud: «Je me retrouve dos au mur, sans porte de sortie»
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Vaud«Je me retrouve dos au mur, sans porte de sortie»

Une coiffeuse n'a plus le droit de scolariser ses enfants dans le village dans lequel elle travaille. Effondrée, elle pense à revendre son commerce.

par
Caroline Gebhard
Carole Kübler a aménagé un espace pour ses enfants, au fond de son salon de coiffure.

Carole Kübler a aménagé un espace pour ses enfants, au fond de son salon de coiffure.

Le ciel est tombé sur la tête de Carole Kübler et de son mari, il y a quelques jours. Le couple, qui réside à Ursins près d'Yverdon-les-Bains, a appris que le Canton ne leur permettait plus de scolariser leurs enfants à La Sarraz. C'est pourtant là que Louane, 8 ans, a commencé l'école il y a quatre ans. Pour Carole, qui y tient un salon de coiffure, c'était la seule solution pour s'occuper de sa fille tout en gérant son petit commerce. Impossible pour cette maman, qui part à 7 h 15 et qui rentre vers 19 h, de jongler avec les horaires si son enfant avait été enclassée dans le chef-lieu du Nord vaudois. «J'avais obtenu une dérogation», confie Carole. Au fond de son commerce, une pièce est d'ailleurs dévolue aux petits et une autre fait office de cuisine pour les repas de midi.

En apprenant que l'exception dont bénéficiait Louane n'aura plus lieu d'être lors de la prochaine rentrée, Carole a aussi appris que Dan, 4 ans, ne pourra pas commencer l'école dans le bourg sarrazin. Tout comme sa sœur, il devra aller à Yverdon. Sans solution de secours et au bénéfice d'un revenu limité, Carole se retrouve «dans une situation de péril professionnel». Elle n'imagine pas pouvoir assumer des frais de garde et assure n'avoir jamais pu trouver d'appartement à un prix abordable à La Sarraz. «Je vais devoir me séparer de mon salon de coiffure, se désole-t-elle. Je suis une maman qui peut gérer ses enfants sur son lieu de travail, je ne dépends de personne! Et je me retrouve dos au mur, sans porte de sortie...»

Dérogations accordées puis retirées

Selon la Loi vaudoise sur l'enseignement obligatoire (LEO), qui date de 2013, les enfants doivent être scolarisés là où ils vivent. Des possibilités de dérogations existent: elles ont été fixées dans le sens de la jurisprudence qui était appliquée jusque-là mais ne valent pas pour le cas de Carole. Au Département de la formation, on explique que lors de l'introduction de la LEO, il a été décidé de ne pas reconduire des autorisations qui étaient non conformes à la jurisprudence. Carole fait sans doute partie des parents à qui on n'accorde plus cette possibilité.

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