Attaque à la hache: «Je me suis précipité pour lui faire une clef de bras»
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Attaque à la hache«Je me suis précipité pour lui faire une clef de bras»

Un patient s'est enfui lundi du centre psychiatrique neuchâtelois. Le lendemain, il a attaqué deux conductrices à la hache. Celui qui l'a maîtrisé témoigné.

par
Vincent Donzé
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L'attaque a eu lieu dans cette déchetterie de Valangin (NE).

L'attaque a eu lieu dans cette déchetterie de Valangin (NE).

kein Anbieter/Laurent Crottet
Des traces de sang sont encore visibles sur place.

Des traces de sang sont encore visibles sur place.

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L'individu de 31 ans venait du Centre neuchâtelois de psychiatrie à Préfargier, où il avait été admis dimanche en placement volontaire.

L'individu de 31 ans venait du Centre neuchâtelois de psychiatrie à Préfargier, où il avait été admis dimanche en placement volontaire.

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Quand, frappée trois fois, la vitre latérale de la voiture s'est brisée côté conducteur, mardi soir à la déchetterie de Valangin (NE), le passager n'a pas compris ce qui se passait. Mais quand la portière s'est ouverte, il a vu une hache toucher sa compagne à l'épaule, déjà blessée aux yeux par les éclats de verre.

«Je me suis précipité hors de la voiture pour lui faire une clef de bras, tandis qu'il brandissait sa hache», rapporte cet homme portant une minerve depuis son hospitalisation. Désarmé, l'agresseur s'est défendu dans un combat corps à corps, sans pouvoir récupérer l'arme blanche tombée à deux mètres.

Avant de viser cette voiture noire, le fugueur en a convoité une autre, blanche, abattant sa hache sur la nuque de la conductrice: «Elle saignait et dès qu'on l'a vue, mon amie lui a porté secours, tandis qu'un voisin m'aidait à neutraliser le forcené qui m'a mordu une main», raconte Nicolas.

L'individu de 31 ans qui cherchait visiblement à s'approprier une voiture par tous les moyens venait du Centre neuchâtelois de psychiatrie à Préfargier, où il avait été admis dimanche en placement volontaire. Le lendemain, profitant de la visite de sa femme, il a pris ses jambes à son cou sur le chemin de la cafétéria. Comme il n'était pas seul, aucun infirmier ne l'accompagnait.

Une situation imprévisible

«La vision psychiatrique d'aujourd'hui est ouverte et humaniste», indique Stéphane Saillant, médecin-chef de l'institution, qui compte 78 lits de soins aigus. Si certaines situations cliniques génèrent de la violence, celle du fugueur n'était pas prévisible. Son épouse était incapable de le rattraper comme les infirmiers sont parfois appelés à le faire, un patient ne pouvant pas s'en aller sans autorisation.

À Marin-Epagnier, l'homme a frappé une femme au visage en convoitant son véhicule avant de réapparaître mardi une hache à la main, dix kilomètres plus loin, à Valangin. «Il m'est apparu calme, mais sujet à des accès de furie», témoigne celui qui l'a neutralisé d'une clef de bras. Leur dialogue: «Pourquoi t'as fait ça?». «Je voulais la voiture blanche. La noire, je la voulais aussi», a répondu l'agresseur.

Après la prise en charge des deux conductrices blessées, la police neuchâteloise a interpellé l'individu, neutralisé par trois villageois. Hier, les deux femmes avaient regagné leur domicile après une brève hospitalisation.

Retracer la fugue

«Nous avons engagé tous les moyens que nous avions à disposition pour le retrouver», explique Georges-André Lozouet, chargé de communication de la Police neuchâteloise. La tâche des enquêteurs consiste désormais à retracer sa fugue de lundi à mardi, et surtout, à établir la provenance de la hache. «Tous ceux qui coupent du petit bois en possèdent une», dit un villageois.

Selon le procureur Jean-Paul Ros, cité par arcinfo.ch, «l'individu n'a jamais commis d'actes d'une telle violence». Depuis mardi, il était recherché sur les réseaux sociaux, mais la police n'avait pas émis d'avis de disparition. «C'est la première fois que je suis confronté à un fait aussi dramatique», assure le médecin-chef Stéphane Saillant.

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