Genève: «Je me suis retrouvé avec un flingue sur la tempe!»
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Genève«Je me suis retrouvé avec un flingue sur la tempe!»

Sept douaniers sont jugés pour abus d'autorité et lésions corporelles. Tous plaident l'acquittement.

par
Valérie Duby

Dire que la justice militaire n'est pas rapide est un euphémisme. La preuve? Six ans d'instruction pour juger une affaire qui remonte à 2003, en plein G8.

Il est 16h40 en ce 3 juin 2003. Un Mercedes Vaneo passe la douane de Bardonnex. A l'intérieur, quatre personnes, dont deux Genevois de retour de vacances. «On venait de faire huit heures de voyage, il faisait chaud, on ne voulait pas acheter la vignette et on voulait faire demi-tour», explique Yann. Le sergent P. décide de contrôler les papiers des occupants. Même s'il ne parle pas un mot de français, P. comprend que ceux-ci sont en train de le photographier. Il veut saisir l'appareil numérique dans l'habitacle.

«En cinq secondes, tout est parti en live», se rappelle Yann, qui participait mercredi à la reconstitution. A partir de là, les versions diffèrent... Le sergent affirme que le conducteur l'a pris au cou pendant qu'un des occupants de la voiture sortait pour le ceinturer. L'employée de Securitas qui vend les vignettes autoroutières crie: «Gardes, gardes, à moi!» Six douaniers surgissent armés et lancent des «Halte ou je tire!». Les deux Genevois se retrouvent plaqués au sol et menottés. «J'avais un flingue sur la tempe», assure le conducteur, qui souffre encore aujourd'hui à cause des menottes trop serrées sur un poignet qui avait été opéré peu de temps auparavant.

Cette version des faits est contestée par les douaniers. Les agents ont-ils paniqué et outrepassé leurs droits? A l'administration fédérale des douanes en tout cas, aucune sanction disciplinaire n'a été prise, et tous les protagonistes plaident l'acquittement. Au final, la justice militaire tranchera. Le jugement sera rendu vendredi.

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