Ski alpin: «Je n'ai aucune pression»

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Ski alpin«Je n'ai aucune pression»

Dompteur du Lauberhorn samedi dernier, Christof Innerhofer s'attaquera ce week-end à la Streif de Kitzbühel (Aut). A fond!

par
Marc Fragnière
Kitzbühel
En pleine confiance, le descendeur italien ne boude pas son plaisir sur le circuit cette saison.

En pleine confiance, le descendeur italien ne boude pas son plaisir sur le circuit cette saison.

Héritier légitime du fantasque Liechtensteinois Marco Büchel sur le plan philosophique, l'Italien ne fait jamais dans la dentelle. Ni sur la piste ni en dehors. Grand, beau gosse et skieur au talent reconnu, l'ex-petit ami de Lara Gut n'est pas du genre à se prendre la tête. Là où d'autres se sont trop facilement laissé griser par le succès, le Transalpin continue d'être fidèle à lui-­même: disponible, chaleureux et direct.

– Christof, après votre fantastique succès à Wengen, dans quel était d'esprit êtes-vous arrivé à Kitzbühel?

– Avec un très bon sentiment. Mais j'ai détesté cet entraînement, je n'y ai pris aucun plaisir (ndlr: lire ci-dessous).

– Vous avez épinglé le Lauber­horn. En 2008, vous vous étiez imposé à Bormio. Il vous reste maintenant à dompter la Streif et vous aurez remporté toutes les superclassiques. Pensez-vous au doublé Wengen - Kitzbühel?

– Non. Même si ce serait génial. S'il fait beau et si la piste et la visibilité sont aussi bonnes qu'à Wengen, tout sera possible. De toute façon, c'est tout ou rien. Je me donne à fond, je prends le maximum de risques. Ça passe ou ça casse. A choisir, je préfère gagner une fois que finir cinq fois huitième.

– Votre succès dans les Alpes bernoises, samedi dernier, a-­t-il augmenté la pression sur vos épaules?

– Je n'ai aucune pression, je skie parce que j'adore ça. C'est tout!

– A Garmisch, en 2011, vous aviez récolté une moisson de médailles (ndlr: or en super-G, argent en super-combiné et bronze en descente). Qu'est-ce que ces Mondiaux ont changé dans votre vie?

– Tout! Depuis lors, je ne ressens plus aucune pression. Désormais tout n'est que plaisir!

– Cuche retraité, la vitesse se cherche un nouveau roi. Etes-vous l'héritier du trône?

– Je ne me compare pas aux autres. Je ne pense jamais à ce genre de trucs. A mon âge (ndlr: il vient de fêter ses 28 printemps), j'ai déjà réalisé de belles choses. Si je garde la santé et que je demeure constant, je devrais encore avoir quelques belles années devant moi.

La maudite Streif a déjà frappé

Andrej Jerman est la première victime de la piste autrichienne en 2013. Le Slovène a chuté à l’entraînement, mardi. Il s’est relevé, puis il est reparti mais il est tombé dans les pommes. Il a été héliporté à l’Hôpital de Sankt Johannes, avant d’être transféré à Innsbruck. Il y a subi des examens supplémentaires. Il souffre d'une commotion cérébrale.

Un chef de course très têtu

Les descendeurs n’ont pas mâché leurs mots à l’issue de la parodie d’entraînement disputée sur la Streif, mardi. Une neige molle, des conditions de visibilité catastrophiques, une piste mal préparée et un brouillard dense par endroits ont courroucé les as de la vitesse. Et surtout fait une victime: Andrej Jerman (lire ci-contre). Hors de lui, Klaus Kröll a préféré jeter l’éponge en cours de route. Patrick Küng a presque dû s’arrêter dans la brume. Quant à Christof Innerhofer, il a dénoncé l’attitude de la FIS: «On ne voulait pas prendre le départ mais Günter Hujara (ndlr: le chef des compétitions, en photo) ne nous a pas écoutés. C’est Kitzbühel quoi. Partout ailleurs ça aurait été reporté.»

Patrick Küng (descendeur de l'équipe suisse)

«C’est un sport individuel»

«Les médias parlent de crise, mais cela ne nous affecte pas trop. On n’en cause pas entre nous. On a certes perdu notre leader avec la retraite de Didier Cuche, mais de toute manière, le ski alpin est un sport individuel. Chacun doit prendre ses responsabilités. Avec Cuche, on avait une référence solide à l’entraînement. Il n’est plus là et on doit fonctionner sans lui. Les jeunes – je n’en suis plus un! – doivent s’améliorer et les anciens retrouver leurs marques.»

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