Laura Laune: «Je n'ai jamais pensé avoir un humour noir»
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Laura Laune«Je n'ai jamais pensé avoir un humour noir»

La comique belge Laura Laune ne mâche pas ses mots sur scène et elle l'assume à 100%.

par
Ludovic Jaccard

A l'affiche de son one woman show, «Le diable est une gentille petite fille», l'humoriste de 32 ans, se produira au Théâtre du Léman à Genève le mardi 12 mars, à la salle Métropole à Lausanne, le mercredi 13 mars et au théâtre Beausobre le jeudi 20 juin, dans le cadre du festival Morges sous-rires.

D'où vous vient votre humour trash?

Je ne me rends pas compte que c'est de l'humour noir. C'est mon humour naturel, dans la vie de tous les jours.

Avez-vous des limites?

Je n'ai pas de limite dans les thèmes de mes vannes. Je ne m'interdis aucun sujet quand j'écris. Je ne me pose pas la question de ce que les gens vont penser. Ma seule limite est de faire rire. Je ne veux pas juste choquer. Je fais donc attention à la tournure de mes vannes, je ne veux pas que cela soit gratuit ou méchant.

Comment réagissent vos proches?

Ils ont été d'abord très surpris que je me lance dans l'humour et que je monte seule sur scène, car je suis une fille réservée. Mes amis n'étaient pas surpris par mon humour qu'ils connaissaient déjà. Mes parents n'ont pas été particulièrement choqués non plus parce qu'ils sont ouverts d'esprit et ils comprennent que j'aie envie de dénoncer certaines choses. Parfois ils me disent quand même que je vais un peu trop loin! (rire)

Vous aviez déjà une certaine notoriété avant de vous présenter à «La France a un incroyable talent», sur M6, en 2017, et de remporter la victoire. Pourquoi l'avoir fait?

J'avais en effet déjà un spectacle mais c'était assez difficile de remplir les salles. C'est les casteurs de l'émission qui m'ont contactée pour que j'y participe car ils avaient vu mes vidéos sur Youtube. J'ai hésité parce que c'est une émission familiale et j'avais peur qu'on me censure. Ils m'ont assuré qu'ils ne couperaient rien dans mon sketch. J'ai donc accepté. Cela m'a permis de toucher un plus large public. Je ne pouvais pas refuser qu'un grand média m'offre pour la première fois cette opportunité. Ça m'a permis d'avoir la tournée que j'ai aujourd'hui. J'ai plus de dates, des salles plus grandes et les gens viennent me voir pour cet humour-là. Il y a donc un public pour ça.

Comment réagissez-vous aux critiques sur votre humour?

Il y a bien sûr des réactions négatives, mais sur les réseaux sociaux les gens déversent leur haine sans filtre. Je n'ai pas de problème avec ceux qui me disent qu'ils n'aiment pas ce que je fais. Je trouve même bien de ne pas plaire à tout le monde. Les gens qui proposent des choses différentes, soit on les aime, soit on les déteste. Certaines insultes que je reçois sur le Net me font même beaucoup rire.

Votre chanson où vous dites que «la France est une pute» qui devait passer au «Grand Oral» sur France 2 a été supprimée. Comment l'avez-vous pris?

Ils m'ont dit que l'émission était trop longue et qu'il fallait la couper. Je n'ai pas été étonnée car déjà à la veille de l'émission on m'avait dit de supprimer des phrases de ma chanson. Je ne l'ai pas fait car je voulais être fidèle à ce que je fais et je ne voulais pas me censurer. Comme j'avais beaucoup travaillé sur cette chanson dont le thème m'avait été imposé, je me suis dit que je n'allais pas la jeter à la poubelle parce que l'émission n'en voulait pas. Je l'ai donc mise sur mes réseaux sociaux. Ce n'était pas une revanche. Je savais qu'il y aurait un public qui l'aimerait. Les réseaux sociaux sont un lien direct entre le public et l'artiste. J'ai finalement pris tout ça en rigolant.

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