Genève: «Je n'ai reçu aucune offre concrète pour le Servette»
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Genève«Je n'ai reçu aucune offre concrète pour le Servette»

Le club «grenat» n'a pas obtenu sa licence lundi et est relégué en 1ère ligue promotion. Il est aussi menacé de faillite. La responsabilité de son président est engagée. Hugh Quennec s'explique.

par
David Ramseyer
Hugh Quennec, président du Servette FC, a accordé ce lundi une série d'entretiens individuels à plusieurs médias.

Hugh Quennec, président du Servette FC, a accordé ce lundi une série d'entretiens individuels à plusieurs médias.

Il y a encore un peu de vie dans le regard mais l'étincelle est vacillante. «C'est une journée difficile, lourde.» Le président d'un Servette FC désormais éjecté de l'élite est marqué, sa voix douce et si lasse égrène des réponses souvent vagues.

Entretien en tête-à-tête...

Hugh Quennec, existait-il des solutions ces derniers jours pour sauver le club ou sa fin était-elle inexorable?

Il fallait cinq millions de fr. pour terminer la saison, deux pour garantir la suivante et ainsi décrocher la licence de jeu. Nous avions deux soutiens susceptibles d'aider Servette FC et ainsi sauver le club. Mais pour diverses raisons, il n'y a pas eu d'offre concrète. Nous n'avions donc pas de garantie ferme pour faire face aux exigences de la ligue suisse de football.

Qui étaient ces potentiels partenaires?

Des Genevois, mais je ne peux pas en dire plus.

Des repreneurs sérieux et disposant de moyens financiers importants, selon nos sources, se sont présentés ces derniers mois. Pourquoi les avoir évincés alors que la situation du Servette était mauvaise ?

Là aussi, il n'y a pas eu de proposition ferme. Notamment en raison d'un mauvais timing ou de processus internes du côté de ces possibles investisseurs.

On dit que vous ne souhaitiez pas ouvrir le capital du SFC et que vous vouliez absolument rester à la tête du club...

Oui, on a beaucoup dit que j'étais opposé à l'idée d'avoir de nouveaux partenaires. Mais ce n'est pas vrai. J'étais ouvert à toutes propositions car ma priorité a toujours été de sauver Servette. J'ai toujours dit que les finances étaient fragiles.

Plusieurs de nos sources vous accusent de ne pas avoir prêté une oreille suffisamment attentive à ces éventuels soutiens financiers. Est-ce le cas?

Nous avons reçu des personnes mais cela n'est pas allé jusqu'au bout. Je le répète: il n'y a pas eu de proposition concrète.

Votre crédibilité est-elle aujourd'hui gravement remise en cause?

Il y a eu beaucoup de choses écrites dans les médias mais mes proches savent qui je suis, ils connaissent mes motivations. Mon projet est avant tout un projet destiné à apporter une contribution importante et positive à Genève et aux Genevois à travers le sport. Je défends ce projet. Je suis propriétaire et président, je dois assumer, ce n'est pas facile. Je n'ai pas d'excuse, je ne blâme personne. Et je continuerai à essayer de trouver des solutions jusqu'au bout.

Rétrospectivement, avez-vous des regrets? Vous êtes considéré comme une personnalité opaque...

C'est toujours facile de regarder en arrière, mais je pense avoir été malgré tout ouvert à ceux qui sont proches de moi et qui ont essayé de trouver des solutions. Je cultive quand même une certaine discrétion. Je préfère que les supporters et la communauté se concentrent sur l'équipe, sur les joueurs, sur l'entraîneur...

Mais aujourd'hui, c'est vous la cible! Sur les réseau sociaux, des fans demandent votre démission (ndlr, une centaine de supporters ont aussi crié leur colère lundi soir devant le stade. Il n'y a pas eu d'incident, selon la police). C'est un manque de reconnaissance de leur part?

Je peux comprendre la frustration et la déception des fans. Mais j'ai repris le club à 48h de la faillite (ndlr, en 2012) et j'ai fait de mon mieux, j'ai investi beaucoup de temps, d'énergie et d'argent. Quand je me promène autour du stade, les gens sont en grande partie reconnaissants du travail qui a été fait. Si aujourd'hui il y a un échec, je l'assume. Mais je peux affirmer que j'ai tout fait, j'ai tout essayé; et je continuerai à me battre jusqu'au bout.

Le club peut-il éviter la faillite?

Oui, techniquement... si on trouve une solution. C'est une question de jours. Avec nos avocats, on va s'assurer que les démarches seront faites proprement. Je suis quelqu'un qui y croit toujours, jusqu'au bout: c'est dans ma nature.

Allez-vous transférer très vite des joueurs pour récupérer des fonds?

Aujourd'hui, on fait un état des lieux. Vendre des joueurs, c'est une possibilité pour réaliser des recettes...

Allez-vous rester président du Servette FC?

Oui. J'assume, il y a des problèmes à résoudre. Je vais travailler jusqu'au bout pour trouver des solutions.

Le déroute du SFC peut-elle porter préjudice au Genève-Servette HC et au Servette Rugby Club, dont vous êtes aussi le président?

Non, ce sont des clubs stables, bien gérés. Les structures sont indépendantes, les comptes aussi. Je ne pense pas qu'il y aura des problèmes concernant ces clubs.

Que peut faire l'Etat? La conseillère d'Etat Anne-Emery Torracinta, en charge du sport, estime que la relégation du Servette FC est une "triste nouvelle pour le sport genevois". Aujourd'hui, la socialiste imagine trois pistes pour aider le club via des fonds publiques. D'abord, continuer à soutenir financièrement la relève et la formation. Ensuite effectuer des travaux de rénovation dans un Stade de Genève que le gouvernement estime être "d'utilité publique". Une partie des fonds pourra sans doute être débloquée sans passer par la case Grand Conseil. Les montants seraient en effet pris sur des lignes budgétaires ordinaires. Enfin, le contrat entre le Stade et Servette pourrait être renégocié afin d'offrir un loyer plus avantageux au club. Mais à deux conditions, indique Anne Emery-Torracinta: que les députés donnent leur aval et que "nous puissions avoir accès aux comptes du club en toute transparence".

Que peut faire l'Etat? La conseillère d'Etat Anne-Emery Torracinta, en charge du sport, estime que la relégation du Servette FC est une "triste nouvelle pour le sport genevois". Aujourd'hui, la socialiste imagine trois pistes pour aider le club via des fonds publiques. D'abord, continuer à soutenir financièrement la relève et la formation. Ensuite effectuer des travaux de rénovation dans un Stade de Genève que le gouvernement estime être "d'utilité publique". Une partie des fonds pourra sans doute être débloquée sans passer par la case Grand Conseil. Les montants seraient en effet pris sur des lignes budgétaires ordinaires. Enfin, le contrat entre le Stade et Servette pourrait être renégocié afin d'offrir un loyer plus avantageux au club. Mais à deux conditions, indique Anne Emery-Torracinta: que les députés donnent leur aval et que "nous puissions avoir accès aux comptes du club en toute transparence".

Que peut faire l'Etat? La conseillère d'Etat Anne-Emery Torracinta, en charge du sport, estime que la relégation du Servette FC est une "triste nouvelle pour le sport genevois". Aujourd'hui, la socialiste imagine trois pistes pour aider le club via des fonds publiques. D'abord, continuer à soutenir financièrement la relève et la formation. Ensuite effectuer des travaux de rénovation dans un Stade de Genève que le gouvernement estime être "d'utilité publique". Une partie des fonds pourra sans doute être débloquée sans passer par la case Grand Conseil. Les montants seraient en effet pris sur des lignes budgétaires ordinaires. Enfin, le contrat entre le Stade et Servette pourrait être renégocié afin d'offrir un loyer plus avantageux au club. Mais à deux conditions, indique Anne Emery-Torracinta: que les députés donnent leur aval et que "nous puissions avoir accès aux comptes du club en toute transparence".

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