Actualisé 14.09.2012 à 19:38

Tuerie de Chevaline

«Je n'ai vu qu'un seul tueur»

La fillette de sept ans, rescapée de la tuerie dans les Alpes françaises dans laquelle elle a été grièvement blessée, a dit avoir vu un seul tueur.

de
leo

Zainab al-Hilli, la petite Britannique de sept ans rescapée de la tuerie dans les Alpes françaises dont elle est un témoin clé, a dit vendredi avoir vu un seul tueur. Elle a ensuite été rapatriée en Grande-Bretagne dans un lieu tenu secret.

Sortie du coma depuis peu après été grièvement blessée, la fillette a dit aux enquêteurs avoir vu un seul «méchant», lors de la fusillade au cours de laquelle son père et sa mère, des Britanniques d'origine irakienne, sa grand-mère maternelle de nationalité suédoise et un cycliste français ont été abattus, a indiqué une source proche de l'enquête.

La fillette a fait ces déclarations avant de quitter l'hôpital de Grenoble (centre-est de la France) en début de matinée, entourée d'une délégation britannique.

Ce témoignage très attendu par les enquêteurs, non confirmé de source officielle, met à mal la théorie de la présence de plusieurs tueurs, née après la découverte de près de 25 douilles sur la scène du drame. Les premiers examens balistiques avaient déjà révélé lundi qu'une seule arme avait été utilisée, un pistolet automatique de calibre 7,65 mm, un calibre moyen considéré comme ancien par des experts.

Coma artificiel

La fillette est la seule susceptible de raconter ce qui s'est passé le 5 septembre près d'Annecy, au cours de la fusillade. Seules Zainab et sa cadette Zeena, quatre ans, en ont réchappé.

Zainab était sortie dimanche du coma artificiel dans lequel elle avait été plongée à la suite de blessures à la tête et à l'épaule où elle a reçu une balle. Mais sa phase d'éveil s'était ensuite révélée délicate, douchant les espoirs d'une audition rapide. «On ne peut pas tout attendre d'elle», avait expliqué le lieutenant-colonel Vinnemann chargé de l'enquête.

Les auditions de Zeena, restée cachée pendant la fusillade parmi les bagages aux pieds de sa mère, ont seulement permis de confirmer qu'elle était dans la voiture. Elle «a entendu, mais n'a rien vu» du drame.

Dispositions pour «passer à la vitesse supérieure»

La visite-éclair du procureur d'Annecy, jeudi au Royaume-Uni, va faciliter l'adoption de dispositions juridiques permettant de «passer à la vitesse supérieure» dans l'affaire de la tuerie de Chevaline (Alpes françaises) le 5 septembre, a indiqué vendredi une source proche de l'enquête.

La nature des nouvelles dispositions n'a pas été spécifiée, mais la principale d'entre elles pourrait consister à mettre sur pied rapidement une cellule d'enquête commune franco-britannique. Avec l'objectif de rendre plus étroite et plus efficace encore la coopération entre policiers britanniques et gendarmes français.

Interrogé lors d'une visite vendredi à Lyon, le ministre français de l'Intérieur, Manuel Valls, a refusé de s'exprimer sur l'enquête mais s'est dit persuadé «que la coopération est de très bonne qualité entre les enquêteurs anglais et français».

Ces derniers poursuivaient notamment vendredi, dans le comté du Surrey au sud de Londres, la perquisition minutieuse de la maison familiale des al-Hilli, victimes de la tragédie. La fouille entamée samedi dernier se poursuivra tout le week-end et sans doute au-delà, a-t-on précisé de source proche de l'enquête.

La piste suédoise refermée

La piste suédoise, dont un media anglais s'était fait l'écho, n'est pas crédible, selon les propos d'une source proche de l'enquête.

Le fils de la femme âgée tuée à Chevaline (F) n'a pas pu commettre le quadruple meurtre. Le «Daily Telegraph» avait évoqué jeudi une possible piste le concernant. L'homme, atteint de maladie mentale, avait en effet agressé et menacé de mort ses parents à plusieurs reprises.

Mais une source proche de l'enquête a fait savoir vendredi qu'il était «hospitalisé» au moment de la tuerie, indique le site du «Figaro». Cet homme «violent était hospitalisé en Grande-Bretagne quand la tuerie a eu lieu», a rapporté cette source.

La piste suédoise évoquée par le «Daily Telegraph» semble donc se refermer. Elle se concentrait sur la victime la plus âgée du quadruple meurtre, Suhaila Al-Allaf. Cette femme de nationalité suédoise de 74 ans est la mère d'Iqbal al-Hilli, la femme du couple également tué dans le massacre.

D'après les documents de justice suédois cités par l'AFP, son fils Haydar Thaher, âgé de 46 ans, «a offensé, menacé et battu ses parents à plusieurs reprises pendant un temps très long». La police est intervenue huit fois entre 2001 et 2007 à leur domicile dans la banlieue sud de Stockholm. Haydar Thaher a toujours vécu chez ses parents en raison de problèmes psychologiques. (leo/ats)

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