JO 2016 - Saut à la perche: «Je n'aurais jamais pensé atteindre un tel niveau»

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JO 2016 - Saut à la perche«Je n'aurais jamais pensé atteindre un tel niveau»

La preuve est faite: Nicole Büchler est prise au sérieux au plan mondial. La Fédération internationale (IAAF) lui consacre un long portrait sur son site internet, un hommage rare, sinon unique, pour un(e) athlète suisse.

photo: Kein Anbieter

«Jamais je n'aurais pensé pouvoir un jour évoluer à ce niveau», y déclare notamment la perchiste biennoise. Ce niveau, c'est celui qui lui permet aujourd'hui d'occuper la 3e place en Ligue de diamant dans sa discipline et d'être en position de défier les favorites pour les qualifications de la perche le 16 août et bien sûr, si possible, pour la finale du 19 août aux JO de Rio. Pour autant qu'elle soit parfaitement remise de la blessure à la cuisse qui lui a fait rater les Championnats d'Europe d'Amsterdam.

Büchler a beaucoup travaillé sur son mental et son physique pour en arriver là. Elle s'est amincie et adjoint les services d'un psychologue. A 32 ans, elle ne pense pas que son âge puisse être un handicap. Elle cite l'Allemand Björn Otto, qui a franchi 6m01 à 34 ans pour devenir vice-champion olympique à Pékin, en 2012. «Je me considère toujours comme outsider, mais je peux rivaliser avec les meilleures», relève la 4e des derniers Mondiaux en salle à Portland. Un discours à la fois modeste et ambitieux, qui démontre qu'elle a pris confiance. Depuis le début de l'année, elle a amélioré six fois son record de Suisse (4m80 en salle, 4m78 en plein air).

Longtemps freinée par les blessures et fragile psychologiquement dans les grandes compétitions, elle explique que son coach mental, aujourd'hui, lui donne une consigne dont elle doit se rappeler dans certaines situations et que cela l'aide beaucoup. Elle doit beaucoup aussi, dit-elle, à son mari, l'Américain naturalisé suisse Mitch Greeley (qui vaut lui-même 5m55). Celui-ci lui a apporté une nouvelle approche dans le coaching il y a deux ans. L'école américaine en général lui a fait beaucoup de bien. Nicole Büchler avait rejoint l'Arkansas en 2008 pour s'entraîner avec des cracks américains comme Jeremy Scott, Derek Miles ou Jillian Schwart. «Cela m'a ouvert les yeux», souligne-t-elle.

Cette ancienne spécialiste de gymnastique rythmique profite aussi beaucoup de l'agilité apprise dans ses jeunes années dans son ancien sport. Elle s'était classée 11e en 1999 avec la Suisse aux Mondiaux de gymnastique rythmique, manquant de peu les JO de Sydney. Puis elle a subi une fracture de fatigue au dos et s'est tournée vers la perche... Sur son seul talent, en se reposant sur sa coordination naturelle, elle a franchi 3m70 dès sa première saison!

Le virus etait inoculé et ne l'a plus quittée. D'autant qu'une médaille de bronze aux Universiades de Bangkok en 2007, avec 4m35, lui a vite donné un surcroît de motivation... Aujourd'hui, Nicole Büchler s'est enfin mise dans la peau de celle qui a tout à gagner. (ats)

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