Scandale à la Fifa: «Je n'avais pas le soutien de tout le monde du foot»
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Scandale à la Fifa«Je n'avais pas le soutien de tout le monde du foot»

Elu depuis quatre jours à peine, le Valaisan a annoncé sa démission de la présidence de la FIFA pour provoquer une nouvelle élection.

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Joseph Blatter est né le 10 mars 1936 à Viège en Valais. Il a étudié à la faculté de HEC à l'université de Lausanne (photo 1966).

Joseph Blatter est né le 10 mars 1936 à Viège en Valais. Il a étudié à la faculté de HEC à l'université de Lausanne (photo 1966).

Keystone/Widmer
Le Valaisan a aussi joué au football. Il a évolué jusqu'en première ligue en Suisse. Cette photo a été prise en 2000 lors du Tournoi Sepp Blatter à Ulrichen en Valais.

Le Valaisan a aussi joué au football. Il a évolué jusqu'en première ligue en Suisse. Cette photo a été prise en 2000 lors du Tournoi Sepp Blatter à Ulrichen en Valais.

Keystone/Laurent Gillieron
En 1975, Blatter est entré au service de la Fifa. De 1989 à 1998, le Suisse occupe le poste de Secrétaire Général.

En 1975, Blatter est entré au service de la Fifa. De 1989 à 1998, le Suisse occupe le poste de Secrétaire Général.

Keystone/str

La tempête a fini par avoir raison de l'insubmersible Joseph Blatter.

Le président de la FIFA a annoncé mardi qu'il renonçait à la présidence de l'instance, secouée par une série de scandales de corruption et qui devrait avoir un nouveau patron d'ici à mars 2016.

Le Valaisan de 79 ans, en poste depuis 1998 et pourtant réélu vendredi pour un cinquième mandat, a indiqué qu'il allait convoquer un congrès extraordinaire au cours duquel son successeur sera désigné. Un congrès qui devrait avoir lieu entre décembre 2015 et mars 2016.

Au fil des ans et des affaires, Blatter a souvent filé la métaphore du capitaine qui n'abandonne pas son navire, quelle que soit la violence des éléments contraires. Mais cette fois, c'en était trop. «Même si un nouveau mandat m'a été confié, il semble que je ne sois pas soutenu par tous dans le monde du football, c'est pourquoi je vais convoquer un congrès extraordinaire et remettre mon mandat à disposition», a-t-il déclaré au siège de la FIFA, à Zurich, où une conférence de presse avait été convoquée à la hâte.

«Je vais continuer à exercer mes fonctions d'ici là, et je suis désormais libre des contraintes d'une élection. Je vais me concentrer pour engager des réformes ambitieuses.» La FIFA fait «face à des défis qui ne s'arrêtent pas et a besoin d'une profonde restructuration», a ajouté Blatter.

«C'était une décision difficile, une décision courageuse, et la bonne décision», a très rapidement réagi Michel Platini, président de l'UEFA et ennemi déclaré du Valaisan depuis quelques années.

«Le prochain Congrès ordinaire de la FIFA était prévu le 13 mai 2016 au Mexique. Attendre aussi longtemps n'aurait fait que repousser les problèmes et c'est pour cela que j'ai demandé qu'on organise un Congrès extraordinaire», a encore expliqué Blatter.

Révélations du NYT

Cette démission intervient quelques heures à peine après de nouvelles accusations du «New York Times» visant cette fois Jérôme Valcke, secrétaire général de la FIFA et bras droit de Blatter. Le quotidien américain a accusé le Français d'être le responsable d'un virement de 10 millions de dollars sur des comptes gérés par l'ancien vice-président de l'organisation Jack Warner, mis en cause par la justice américaine dans un scandale de corruption.

Dans un communiqué mardi matin, la FIFA avait tenté de dégonfler ces accusations en affirmant que Valcke n'était en rien en cause dans ce virement et qu'il ne s'agissait que d'un projet d'aide à la diaspora africaine dans les Caraïbes, au nom de l'Afrique du Sud.

Mais la dernière réplique du tremblement de terre de mercredi dernier a donc été la plus terrible. Ce jour-là, tout avait commencé vers six heures du matin, lorsque des policiers suisses opérant à la demande des autorités américaines se sont présentés à l'hôtel de Zurich où étaient logés les principaux dirigeants de la FIFA, pour y interpeller sept d'entre eux.

L'action, survenue à deux jours du scrutin présidentiel à la FIFA, a été orchestrée par la justice américaine enquêtant sur des faits de corruption remontant à près de 25 ans. Au final, neuf élus de la FIFA et cinq partenaires de l'instance mondiale du football ont été inculpés.

Pas d'effet sur la procédure du MPC

Le même jour, les locaux de la FIFA avaient été perquisitionnés, cette fois dans le cadre d'une procédure pénale suisse distincte pour soupçon «de blanchiment d'argent et gestion déloyale» entourant les attributions des Coupes du monde 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar. Le Ministère public de la Confédération (MPC) a à ce propos expliqué dans un communiqué que cette démission n'a pas d'incidence sur la procédure en cours puisque Sepp Blatter «n'a pas le statut de prévenu».

Blatter était pourtant resté debout. Mieux, il avait été réélu vendredi, tout juste contraint à un deuxième tour par son seul challenger, le prince jordanien Ali Bin Hussein, qui annonçait son retrait avant même le deuxième tour. Ce dernier a d'ores et déjà annoncé qu'il serait de nouveau candidat.

Blatter était entré à la FIFA en 1975 comme directeur des programmes de développement et la dirigeait depuis 1998. Il a traversé tellement de crises, du scandale Mastercard aux attributions des Mondiaux 2018 et 2022 en passant par l'affaire ISL, que beaucoup le pensaient indestructible. A tort.

Huit présidents

Joseph Blatter, qui a démissionné mardi après avoir été réélu vendredi pour un cinquième mandat, à 79 ans, est le huitième président de la Fifa depuis sa création en 1904.

Son successeur devrait être désigné lors d'un congrès extraordinaire programmé entre décembre 2015 et mars 2016.

Robert Guérin, France - 1904-06

Daniel Burley Woolfall, Angleterre - 1906-18

Jules Rimet, France - 1921-54

Rodolphe William Seeldrayers, Belgique - 1954-55

Arthur Drewry, Angleterre - 1955-61

Stanley Rous, Angleterre - 1961-74

Joao Havelange, Brésil - 1974-98

Joseph Blatter, Suisse - 1998-2015 (afp)

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