Actualisé 24.07.2018 à 11:57

Canton de Vaud«Je n'ose plus laisser mes enfants jouer dehors»

A Champagne, une invasion de doryphores inquiète la population. D'autres communes du canton sont aussi touchées.

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Les doryphores quittent les champs de patates dès que la nourriture vient à manquer.

Les doryphores quittent les champs de patates dès que la nourriture vient à manquer.

Leser-Reporter

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils ne passent pas inaperçus. Les doryphores ont littéralement envahi le village de Champagne. «Il y en a partout: sur les façades, les fenêtres, les balcons et même dans les maisons si on ne fait pas très attention. Ici, les gens ne parlent plus que de ça», décrit une habitante.

Cette dernière a d'ailleurs tenté de les faire fuir, notamment avec un nettoyeur à haute pression de type Karcher... mais sans succès. «Au bout de dix minutes, ils reviennent. C'est comme si on n'avait rien fait», poursuit-elle. Ainsi, les Champagnoux n'ont d'autre choix que de cohabiter avec ces petites bêtes, qui devraient disparaître dans quelques jours. Mais le dégoût qu'elles provoquent rend la chose compliquée. «A cause d'elles, je n'ose plus laisser mes enfants jouer dehors, j'ai arrêté d'étendre mon linge à l'extérieur et nous avons aussi fait une croix sur la terrasse», poursuit-elle.

Il n'y a aucun risque

Pourtant, le doryphore n'est dangereux ni pour les humains ni pour les plantations, autres que les patates. Mais il vaut toutefois mieux éviter que les enfants en bas âge ne les mangent. En outre, le cas de Champagne n'est pas unique dans le canton. D'autres communes, telles que Gilly, sont également touchées. De plus, en Suisse alémanique aussi, notamment en Argovie, des localités ont été envahies par ces insectes venus d'Amérique.

André Zimmermann, de la Station de protection des plantes de la DGAV (Direction générale de l'agriculture, de la viticulture et des affaires vétérinaires), croule sous les appels depuis une bonne semaine. Les Vaudois inquiets par ces invasions de doryphores sont légion. Néanmoins, si cet expert n'est pas avare en conseils, il ne peut qu'imaginer les causes de cette prolifération. «Mon hypothèse est que, malgré un hiver froid et humide, les températures élevées de ce printemps ont favorisé les conditions de vol et de reproduction.»

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