07.10.2020 à 04:13

Orian«Je n’ai plus de similitudes avec Mylène Farmer»

Révélé grâce à sa ressemblance frappante avec l’icône rousse, Orian veut désormais exister par lui-même, en sortant son premier single.

de
Ludovic Jaccard
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Après le mannequinat, Orian, 25 ans, se lance dans la musique.

Après le mannequinat, Orian, 25 ans, se lance dans la musique.

Laurent Marécaille
Le Belge au look androgyne a été révélé dans l’émission «C’est mon choix», sur Chérie 25 en 2016, comme sosie de Mylène Farmer.

Le Belge au look androgyne a été révélé dans l’émission «C’est mon choix», sur Chérie 25 en 2016, comme sosie de Mylène Farmer.

Laurent Marécaille
Son premier single electro pop «Elle e(s)t moi» est téléchargeable sur toutes les plateformes légales.

Son premier single electro pop «Elle e(s)t moi» est téléchargeable sur toutes les plateformes légales.

Laurent Marécaille

Orian a fait du chemin depuis son apparition très remarquée dans l’émission «C’est mon choix», en 2016. Révélé au grand public grâce à sa ressemblance étonnante avec Mylène Farmer, le jeune androgyne a tourné dans des courts-métrages et fait du mannequinat. C’est désormais dans la musique qu’il veut percer, avec un premier single. Mais attention, le Belge de 25 ans ne veut plus être comparé à l’interprète de «Sans contrefaçon».

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans la musique?
Cela s’est fait de façon naturelle. Presque comme un besoin en réalité. Ces dernières années ont été riches en rebondissements parfois douloureux et durs à surmonter. Ce projet musical est une thérapie, une nécessité viscérale.
De quoi parle votre chanson «Elle e(s)t moi»?
Ce titre parle d’une période douloureuse où j’étais en recherche de réponses concernant ma personne, mon identité, le but de ma vie, la peur de l’inutile, l’indécision. Pour la première fois de ma vie, j’arrive à terminer quelque chose. La musique, l’écriture, la composition me font un bien fou. Cette chanson n’est qu’une pièce du puzzle. En réalité, j’ai déjà une quarantaine de titres composés et écrits par mes soins qui n’attendent que d’être mixés. J’en sélectionnerai neuf afin d’en faire un album electro pop aux sonorités dansantes et aux textes mélancoliques.
On vous compare souvent à Mylène Farmer à cause de votre ressemblance physique. Est-ce un atout ou un handicap?
À vrai dire, aujourd’hui je trouve que nous n’avons plus de similitudes si ce n’est la couleur de cheveux.
À l’époque, j’étais jeune, j’imagine sans doute que cette passade Mylène Farmer m’a beaucoup aidé. Elle a sublimé ma personne et la créativité qui sommeillait au fond de moi. Mais aujourd’hui, je ne suis plus cette personne, j’ai mûri!
Votre premier single fait pourtant penser à l’univers musical de cette chanteuse. Est-ce un objectif?
Absolument pas. Je n’ai plus écouté Mylène depuis plus de 8 mois. S’il y a des similitudes, c’est indépendant de ma volonté. Après, c’est une certitude, cette chanteuse a bercé mon adolescence, mais je m’en suis très vite défait. De nature curieuse, je me suis mis à en explorer d’autres tels que Brigitte Fontaine, Gainsbourg, Jeanne Mas, La Féline, exclusivement des Français, puisque je chante et écrit dans cette langue.
Êtes-vous prêt à affronter les critiques des gens qui pourraient vous reprocher d’imiter Mylène Farmer?
Les critiques, humiliations, diffamations et moqueries m’ont beaucoup blessé. Je les subis depuis des années sur les réseaux sociaux. Cela a été jusqu’au harcèlement de certains qui se rendaient même devant chez moi. Insultes homophobes, transphobes… Mais ces gens-là ne m’atteignent plus. Aujourd’hui, j’ai pris beaucoup de distance avec les réseaux sociaux. Ma vie privée est ce que j’ai de plus précieux. Pour revenir au plan musical, je suis évidemment angoissé et terrorisé à l’idée de partager mes créations. Le regard des autres alimente toujours le doute.
Souhaitez-vous faire carrière dans la musique et monter sur scène?
Dans un premier temps, je souhaite vraiment que ce projet d’album aboutisse. Encore une fois, c’est une nécessité viscérale! La scène? Je pense que c’est l’aboutissement que tout artiste souhaite. Pour cela, je collabore depuis un an et demi avec une coache vocale. Je travaille également la présence scénique et chorégraphique.
Quel métier exercez-vous actuellement?
J’ai fait brièvement du mannequinat, mais je me suis vite éloigné de cette activité qui manque cruellement d’humanité. Je suis passionné par la photographie, l’écriture, la musique, la mode. En parallèle, je suis dans le commercial.
Vous assumez à 100% votre look androgyne. Souhaitez-vous faire passer un message avec votre image?
À toutes les personnes faisant partie de minorités quelles qu’elles soient: vous n’êtes pas seules! Nous sommes les êtres de l’an 2000. En réalité, le terme «minorité» est extrêmement péjoratif quand j’y pense. Le conditionnement est tellement ennuyeux et la vie passe si vite!
Êtes-vous soutenu par vos proches dans cette nouvelle aventure?
Je suis issu d’un milieu modeste, d’une famille avec certaines traditions et conditionnements d’antan. Je me souviens enfant d’avoir sollicité à plusieurs reprises mes parents pour qu’ils me permettent de faire de la danse et de m’inscrire dans une formation musicale. En vain. Je ne leur en veux pas. Ils n’ont pas forcément cette sensibilité et cette compréhension artistique. J’ai donc composé à l’oreille, appris le piano par moi-même. Avec un seul outil indispensable, qui paradoxalement est ma plus grosse crainte, la solitude. J’en parle donc très peu à mes parents car je n’ai pas leur soutien. Je n’en souffre pas spécialement, c’est comme ça, c’est tout. J’imagine que comme tous les parents, ils sont inquiets pour leur enfant. Mais pour ma part, c’est une certitude, ce projet me fait du bien.

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