France – «Je n’aime pas la violence et les simplifications de Zemmour»

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France«Je n’aime pas la violence et les simplifications de Zemmour»

Après avoir déclaré sur Twitter qu’il n’y avait «plus d'autre choix que de passer au moins un temps par la radicalisation», la jeune française Mila – cible de harcèlements et de menaces de mort depuis janvier 2020 – est revenue sur ses propos.

Mila en visite à la Grande Mosquée de Paris.

Mila en visite à la Grande Mosquée de Paris.

AFP

Ces derniers jours, la jeune française Mila – qui a été la cible de harcèlements et de menaces de mort depuis le 18 janvier 2020 après la publication d’une vidéo polémique sur l’islam, en réponse à des injures sur les réseaux sociaux au sujet de son orientation sexuelle – est très active sur Twitter. Elle continue de recevoir des messages d'insultes et de menaces de mort qu’elle n’hésite pas à rendre publics.

Un de ces derniers posts, faisant référence au candidat à la présidentielle Eric Zemmour, a particulièrement fait réagir sur le réseau social, le 29 décembre: «Je n'aime pas Zemmour, et l'encourager va à l'encontre de mes valeurs. Mais je suis tellement terrorisée dans mon propre pays, que je me dis qu'on n'a plus d'autre choix que de passer au moins un temps par cette radicalisation bien qu'elle me déplaise.»

Quelques heures plus tard, Zemmour n’a pas manqué de rétorquer: «Mila, ceux qui veulent vous intimider pour ce message ont un point commun: ils acceptent l'islamisation de la France, tout en pleurant hypocritement sur votre sort. Nos désaccords ne sont rien au regard de la volonté qui nous unit: vivre libres dans une France en paix.»

A la suite de cette réponse et craignant que ses propos ne soient interprétés comme un soutien au candidat, la jeune femme de 18 ans a éclairci la situation par le biais d'un plus long texte, publié dans la foulée le 29 décembre: «(…) Je n’aime pas Zemmour. Pas du tout. Je n’aime pas sa violence et ses simplifications. Je n’aime pas son fascisme, son mépris et sa fermeture d’esprit. Je ne voterais certainement pas pour lui. (…) Ce que j’ai voulu dire, (maladroitement je le reconnais) c’est qu’il faut, je crois, des mesures radicales pour mettre un terme à la violence qui se déchaine. Mais en aucun cas et jamais, je ne soutiendrais Eric Zemmour, ni personne qui se rapproche de l’extrême-droite. (…)» Voilà qui est dit.

En aucun cas et jamais, je ne soutiendrais Eric Zemmour, ni personne qui se rapproche d’extrême-droite

Mila, sur Twitter

«Je suis le prix de votre liberté»

Pour rappel, après la publication de sa première vidéo critiquant ouvertement l’islam et le Coran, sa revendication au droit au blasphème avait été appuyée par le président Emmanuel Macron. Il avait alors déclaré que «la loi est claire: nous avons droit au blasphème, à critiquer, à caricaturer les religions».

S’estimant «libre de ses idées, de ses choix, de sa façon d’être», Mila a écrit un livre «Je suis le prix de votre liberté» – publié chez Grasset, juin dernier –, dans lequel elle réitère ses prises de position. Victime d’une multitude de messages haineux, elle revient sur le cauchemar qu’elle a vécu à l’âge de 16 ans. L’ex-lycéenne de Villefontaine, près de Lyon, raconte aussi sa condamnation à vivre cachée, sous protection policière, après une telle salve de menaces de mort.

(kaa)

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