Tom Villa n'aurait jamais pu être politicien

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Tom Villa«Je n’aurais jamais pu faire de la politique»

À l’affiche du film «La Dérive des continents (au sud)», de Lionel Baier, Tom Villa incarne un politicien «tête à claques». Il a adoré ce rôle.

par
Ludovic Jaccard

Animateur radio, chroniqueur, humoriste et comédien, Tom Villa est un artiste aux multiples talents. À l’affiche du film «La Dérive des continents (au sud)», de Lionel Baier, en salle dès le 21 septembre 2022, il a bien l’intention de percer dans le 7e art. De passage à Lausanne, le Français de 33 ans s’est confié sans détour.

Pourquoi avoir accepté ce rôle d’homme politique particulièrement antipathique dans ce film?

J’ai accepté de l’incarner justement parce qu’il est antipathique. Quand j’ai lu le scénario de Lionel Baier, je me suis dit que c’était génial. J’avais vraiment envie de le jouer. En plus, c’est très agréable, parce que pour vous, les Suisses, je pense que ce personnage est un peu l’incarnation du Français un peu arrogant, un peu tête à claques. Il arrive, il ne s’excuse pas d’être là, il fait sa mission. C’est donc pour toutes ces raisons que j’ai accepté de le jouer.

Auriez-vous pu faire de la politique, si vous n’aviez pas été artiste?

Non, jamais de la vie! Je ne comprends pas comment on peut se lancer en politique. En tout cas en France. Pour moi, la politique est intéressante jusqu’au niveau du maire, où l’on peut vraiment faire des choses pour ses concitoyens. Au-delà, plus personne ne touche rien. La région, le département et puis même au-dessus… J’ai l’impression que les politiciens enchaînent juste les réunions. C’est devenu des communicants qui ne font pas grand-chose sur le terrain. Et je trouve qu’il y a beaucoup de coups à prendre pour peu de retours.

Comment avez-vous rencontré le réalisateur lausannois Lionel Baier?

C’est grâce à l’humoriste franco-suisse Marina Rollman, et je l’en remercie! Lionel lui avait demandé mes coordonnées et elle a gentiment fait le transfert. Il m’a ensuite envoyé un très gentil mail et on s’est vus entre le premier et le deuxième confinement, en fin d’année 2021. On a passé des essais, et voilà, ça s’est fait comme ça.

La thématique des réfugiés politiques vous touche-t-elle particulièrement?

Oui, c’est un thème particulièrement triste. Et comme l’explique très bien Lionel Baier, la pandémie du Covid a mis une sorte de mouchoir sur ces gens qu’on a eu tendance à oublier. Donc, oui, c’est terrible ce qui se passe. Ce film met en lumière la communication politique par rapport à tout ça. Lionel ne se met pas à la place des migrants. Seuls eux peuvent raconter tout ce qu’ils ont vécu. Il y a donc beaucoup de respect pour ces personnes dans le film.

On vous a connu en tant qu’animateur radio, chroniqueur et humoriste. Avez-vous maintenant envie de privilégier votre métier d’acteur?

J’ai la chance d’être un peu un couteau suisse et d’avoir plein de cordes à mon arc. Mais, oui, la fiction est quelque chose que j’aime beaucoup, que j’ai vraiment envie d’approfondir. Du côté de l’écriture aussi, j’ai envie d’en écrire, parce que la chronique, c’est formidable, mais on la fait et puis le lendemain on est passé à autre chose, et les gens aussi. C’est de la matière périssable. Alors que la fiction à la télé ou au cinéma a une durée de vie plus longue. Elle peut être rediffusée et les gens peuvent la revoir des années après.

Avez-vous toujours voulu faire une carrière artistique?

Secrètement, oui! J’étais extrêmement timide quand j’étais petit. J’ai ensuite eu la chance de faire du théâtre et ça m’a beaucoup aidé à combattre cette timidité. Mais la route est longue, et j’ai encore plein de choses à faire. Donc, là, j’ai fait une première marche, et il faut que ça continue encore longtemps, j’espère!

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