Wimbledon: «Je ne déconnecte jamais entièrement du circuit»
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Wimbledon«Je ne déconnecte jamais entièrement du circuit»

Stan Wawrinka a reçu «20 minutes» dans son repaire londonien, en marge de Wimbledon. Le Vaudois s'y est ouvert avec franchise.

par
Oliver Dufour
Londres
Le No 1 helvétique avoue avoir besoin de plus de temps que d'autres pour s'habituer au jeu sur gazon.

Le No 1 helvétique avoue avoir besoin de plus de temps que d'autres pour s'habituer au jeu sur gazon.

Le No 3 mondial, qui affronte jeudi le Taïwanais Lu Yen-Hsun (ATP 47) au 2e tour à Londres, se dit serein. Sa sortie prématurée à Roland-Garros, le mois dernier, a profité à sa préparation sur gazon.

Peu de joueurs disent qu'ils n'aiment pas Wimbledon. Quelle est votre relation à ce tournoi, vous qui n'y avez pas eu beaucoup de succès?

Comme tous les joueurs, je l'aime beaucoup. Même lors de mes défaites au 1er tour, j'ai toujours dit que j'avais du plaisir sur gazon. Le souci, c'est que l'adaptation est très courte et que si on n'est pas bien dès le départ, ça se paie cash. Mais j'ai toujours un plaisir fou à revenir, dans cette atmosphère unique et historique.

L'an prochain, on ajoutera une semaine entre Roland-Garros et Wimbledon. C'est donc un avantage pour vous?

Pour mon type de jeu, assurément. On le voit aussi avec Rafa (ndlr: Nadal), qui a toujours un peu de mal au début. Lui et moi avons besoin d'heures de jeu sur la surface pour nous mettre vraiment en confiance. D'ailleurs, après l'élimination à Paris, j'ai pris une wild card au Queen's pour m'y mettre au plus vite.

Souvent les joueurs évoquent les variations de vitesse entre le début et la fin du tournoi pour justifier leur peine à y évoluer. Nadal, lui, estime que ça dépend plutôt de l'état d'esprit...

Je suis à 100% d'accord. Bien sûr, depuis que je joue la surface a ralenti, mais ce n'est pas énorme. Ca dépend plutôt de comment on se sent avant. Quand tu es calme, tu as l'impression d'avoir du temps pour frapper, alors que si tu es nerveux, ça va trop vite.

Votre prochain adversaire, Lu, vous ne l'avez jamais joué. Comment vous préparez-vous?

Je l'ai quand même déjà vu jouer, notamment lorsqu'il a battu Andy Roddick ici (ndlr: en 2010, lors des 8es de finale). Mais je sais comment il joue. Vais-je regarder quelques vidéos de lui ce soir (ndlr: mercredi)? Probablement. Parce que c'est quand même un des rares joueurs avec lequel je ne me suis jamais entraîné.

Après Roland-Garros, vous aviez dit que vous deviez remettre en place des pièces du puzzle. Est-ce fait?

Je pense que ce n'est jamais complètement terminé. J'ai pu prendre du temps pour bien réfléchir, pour discuter avec Magnus (ndlr: Norman, son coach). Dans l'ensemble, c'est vrai que je me sens bien mieux maintenant. On verra, mais je suis très confiant et serein pour le reste de la saison.

Durant ce laps de temps, avez-vous complètement déconnecté du tennis?

Non, je ne me coupe jamais complètement. J'aime trop ça pour ne pas regarder Roland-Garros, par exemple. Et à cette période, on ne peut pas le faire, parce que la saison de gazon arrive tout de suite. En plus, vu que j'essayais d'analyser mon échec, il fallait que je reste dedans.

Votre statut et le regard que les gens portent sur vous a changé. Comment gérez-vous ça?

C'est un peu une deuxième carrière qui commence. Ca a pris du temps, mais je pense avoir trouvé le bon équilibre entre donner et ne pas trop donner mon temps. Je sais quand je dois en prendre pour moi. L'après-Australie m'a épuisé.

Vous avez vite été très présent sur les réseaux sociaux, Twitter surtout. Comment est-ce venu?

Petit à petit, quand leur réseau a décollé. C'est mon style de plateforme, assez privé. On donne, mais seulement ce qu'on a envie. L'accès aux fans est direct et ils peuvent voir des choses auxquels ils n'ont pas forcément accès. Et ça permet aussi de suivre l'actu qu'on veut. C'est facile, j'ai toujours mon téléphone sur moi si j'ai envie de partager un truc.

Stan comme un poisson dans leau

Qui dit nouveau statut de joueur dit aussi meilleure exposition et plus dintérêt pour des sponsors de gros calibre. Stan Wawrinka vient dailleurs de devenir ambassadeur suisse dEvian, société avec laquelle il lance une nouvelle campagne. «Je me suis engagé pour plusieurs années, en espérant que ça débouchera sur du long terme. Jai toujours essayé, dans mes partenariats, de mentendre pour le plus longtemps possible. Cest là que le fonctionnement est le meilleur», explique le Vaudois.

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