Rencontres 7e art: «Je ne fais pas de hashtag, je suis le hashtag»
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Rencontres 7e art«Je ne fais pas de hashtag, je suis le hashtag»

L'actrice Golshifteh Farahani était à Lausanne cette fin de semaine, dans le cadre du festival de Vincent Perez.

par
Marine Guillain
A l'Hotel Beau-Rivage à Lausanne, Golshifteh Farahani nous a parlé des Diablerets, de l'Iran et des pressions subies par les femmes.

A l'Hotel Beau-Rivage à Lausanne, Golshifteh Farahani nous a parlé des Diablerets, de l'Iran et des pressions subies par les femmes.

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«J'arrive directement de la montagne, j'ai dû demander aux maquilleuses de me prêter des chaussures pour monter sur scène!» a rigolé l'actrice iranienne jeudi, avant d'ouvrir officiellement la 2e édition des Rencontres 7e art au cinéma Capitole à Lausanne. A la veille de la journée internationale pour les droits des femmes, Golshifteh Farahani était entourée de... six hommes: cinq invités, ainsi que Vincent Perez, organisateur de l'événement. Le lendemain, nous l'avons attrapée à l'improviste dans le hall de l'Hôtel Beau-Rivage, juste après la projection de «Pierre de patience» aux cinéma des Galeries.

«C'est une chance de montrer ce film le 8 mars, symboliquement c'est génial, nous a confié l'actrice de 35 ans. J'adore Lausanne, j'y avais présenté «Song of Scorpions» il y a un an. C'est rare que je puisse venir dans les festivals comme ça, mais là j'étais aux Diablerets, je vais skier là-bas depuis 2004, alors je suis venue directement en voiture, par mes propres moyens».

Passeport confisqué

Devenue actrice à 14 ans, Golshifteh Farahani tourne une vingtaine de films en dix ans. En 2008, elle joue dans «Mensonges d'Etat» de Ridley Scott aux côtés de Leonardo DiCaprio et devient la première comédienne iranienne à tourner dans une production hollywoodienne depuis la révolution islamique de 1979. En pleine promotion, Golshifteh (qui signifie «éprise de la fleur» en persan) se montre sans voile. A son retour en Iran, elle se voit confisquer son passeport et interdite de quitter le pays. Lors d'une autorisation de sortie de 24 heures, elle s'exile en France pour y exercer son métier librement.

Rencontres 7e art Lausanne: le festival est lancé

Jeudi soir au Capitole à Lausanne s'est tenue la cérémonie d'ouverture du festival "Rencontres 7e art Lausanne", qui a été mis sur pied par l'acteur et réalisateur suisse Vincent Perez.

«J'ai commencé une nouvelle vie en Europe mais je suis restée la même femme. Les moments les plus libres de ma vie, je les ai vécus en Iran, on était très libres là-bas, du moment qu'on n'avait pas de problèmes politiques». Mais dix ans après avoir quitté son pays natal, Golshifteh n'est pas prête d'y retourner: «Je n'y pense même pas car maintenant je travaille hors d'Iran, j'ai une carrière internationale, ce n'est plus mon histoire».

Concernant les mouvements féministes qui se sont renforcés ces dernières années, la comédienne avoue que rien n'est nouveau pour elle, malgré la liberté évoquée précédemment: «Je suis née dans l'un des endroits où il est le plus difficile de résister à toute cette pression sur les femmes. C'est génial qu'il y ait un mouvement, mais moi je ne fais pas de hashtag, je suis le hashtag. Je n'ai pas besoin de lever le drapeau, je suis le drapeau.»

Filmographie express

Filmographie express

«Mensonges d'Etat» de Ridley Scott (2008)

«A propos d'Elly» d'Asghar Farhadi (2009)

«Syngué Sabour - Pierre de patience» d'Atiq Rahimi (2012), montré vendredi à Lausanne

«My Sweet Pepper Land» de Hiner Salem (2013)

«Exodus» de Ridley Scott (2014)

«Paterson» de Jim Jarmusch (2016)

«Pirates des Caraïbes : La Vengeance de Salazar» (2017, photo)

«Les Filles du soleil » d'Eva Husson (2018)

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