Vaud: «Je ne laisse plus ma fille à l'école avec ce virus!»
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Vaud«Je ne laisse plus ma fille à l'école avec ce virus!»

Face à la progression de la maladie dans tous les secteurs de la société, des parents d'élèves s'inquiètent.

par
Yannick Weber
Une pétition en ligne a récolté 10'000 signatures. Elle demande la fermeture des écoles dans le canton.

Une pétition en ligne a récolté 10'000 signatures. Elle demande la fermeture des écoles dans le canton.

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La peur du coronavirus en Suisse n'épargne pas ses écoles. A Epalinges (VD), commune dans laquelle au moins 5 cas confirmés ont été recensés, le directeur d'une école a fait le choix de la transparence. Aucun malade dans l'établissement, mais des contacts avec des personnes infectées. «Nous nous attendons donc à ce que le virus circule dans l'établissement», prévient-il dans une circulaire adressée aux parents.

La lettre n'a pas manqué de soulever les inquiétudes de ces derniers. Plusieurs ont annoncé vouloir retirer momentanément leur progéniture de l'école. C'est bien ce qu'a déjà fait Sonia, maman d'une fille de 8e année qui fréquente une autre école, à Lausanne. «Deux classes viennent de rentrer de camp de ski. Un accompagnant a été testé positif, mais tous les élèves sont de retour à l'école cette semaine. C'est totalement irresponsable», dit-elle. Son inquiétude est accrue par le fait qu'elle souffre d'asthme, et que la grand-mère de l'écolière, elle, est diabétique.

Aucun cas n'a pourtant encore été confirmé au sein de l'établissement en question. Mais c'est aussi parce que les personnes qui ont des symptômes ne sont plus toujours testées. N'étant plus capables de distinguer un cas de coronavirus d'une grippe, les autorités ne recommandent à ceux qui sont malades que de se placer en auto-isolement à domicile et d'attendre que ça passe.

Pas de test, pas de certitude

En saison hivernale, les suspicions deviennent ainsi omniprésentes et alimentent la psychose. «Dans les cas particuliers, le Médecin cantonal et les médecins traitants prennent des mesures lorsque cela est nécessaire. Si ça n'a pas été le cas dans ces situations précises, c'est que de telles mesures ne l'étaient pas», rassure Julien Schekter, porte-parole du Département de la formation. Il rappelle que les mesures d'hygiène ont été renforcées dans les écoles et que les élèves et le personnel ne sont pas plus exposés que ne l'est la population générale.

Par ailleurs, une pétition en ligne qui demande la fermeture des écoles et universités du canton circule. Jeudi à 19h, elle comptait plus de 10'000 signatures, la grande majorité ayant été déposées dans les deux jours précédents. «Nous comprenons l'inquiétude des parents. S'il était établi que fermer les écoles était la meilleure solution, nous le ferions. Mais aujourd'hui (ndlr: jeudi), les autorités fédérales ne le recommandent pas», poursuit le porte-parole.

«Pour ma part, je ne demande pas que les écoles ferment entièrement. Mais quand je vois qu'une classe entière qui a été en contact avec une personne porteuse du virus pendant toute une semaine sans que cela n'appelle de mesures, ma confiance envers l'école est rompue», vitupère Sonia. Le Département souligne que la Confédération devrait prendre de nouvelles mesures vendredi, et qu'elles pourraient changer la donne. «La situation peut évoluer en tout temps», note Julien Schekter.

Fin des quarantaines de l'entourage?

Dans le canton de Neuchâtel, on cherche encore à isoler les proches d'un malade, même s'il n'a pas été testé. À La Chaux-de-Fonds, des élèves qui ont eu un contact rapproché avec un jeune qui présente des symptômes de la grippe après des liens avec l'Italie du Nord ont été priés mercredi de rester à leur domicile. Dans le canton de Vaud, en revanche, les mises en quarantaine semblent disparaître face à la multiplication des cas. Le conseil des autorités vaudoises est de rester chez soi en présence de symptômes. Mais de continuer à se rendre à l'école si l'on en n'a pas.

Peu de risques de sanction

Les parents qui retirent leur enfant de l'école, même momentanément, risquent-ils une sanction? Il y a peu de chances. Pour ne pas surcharger les médecins, le Canton de Vaud n'exige plus de certificat médical en cas d'absence avant 10 jours de travail (ou d'école) manqués. Les parents prennent donc la responsabilité d'annoncer leur enfant comme malade au risque d'accroître la peur d'autres parents.

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