Décret anti-immigration aux USA: «Je ne pense pas que faire des études soit un crime»

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Décret anti-immigration aux USA«Je ne pense pas que faire des études soit un crime»

En arrivant vendredi dernier à l'aéroport de Los Angeles, une étudiante iranienne n'avait aucune idée du chaos que venait de déclencher le décret anti-immigration de Trump.

Le décret américain sur l'immigration a engendré de nombreuses manifestations dans les aéroports du pays.

Le décret américain sur l'immigration a engendré de nombreuses manifestations dans les aéroports du pays.

AFP/G. Morty Ortega

«J'avais été en vacances au Canada pour voir ma sœur avant d'aller en Autriche et je rentrais pour reprendre les cours», raconte Sara Yarjani, 35 ans, diplômée d'université et étudiant la santé holistique au California Institute for Human Science, situé au nord de San Diego. «Je ne m'attendais pas du tout à être arrêtée. Je suis déjà entrée à plusieurs reprises dans ce pays et j'ai toujours été très bien traitée», poursuit-elle, «je franchissais d'habitude les contrôles douaniers en quelques minutes».

Cette fois, elle a vite compris que les choses avaient changé. L'agent des services de l'immigration auquel elle avait tendu son passeport l'a conservé et a emmené la jeune femme dans une salle d'attente. Elle a alors dû se tenir debout contre un mur, les bras levés, pour subir une fouille au corps effectuée par deux policières aboyant leurs consignes. Puis se voir intimer l'ordre de retirer son foulard, ses bijoux et les lacets de ses chaussures. Puis devoir remettre tout l'argent liquide dont elle disposait ainsi que son téléphone portable. Elle allait retrouver plus tard ses effets personnels.

«J'ai travaillé si dur»

Mais entre-temps elle a dû subir quatre heures d'attente et d'interrogatoire, avec interdiction de passer le moindre coup de fil. Un policier affirmant que son visa d'étudiante n'était plus valable l'a obligée à signer un formulaire par lequel elle donnait son accord pour l'expulsion. «Le policier m'a dit: «Vous avez deux possibilités: soit vous acceptez et vous êtes d'accord pour partir de votre plein gré... soit vous serez expulsée de force au risque d'être frappée d'une interdiction de revenir aux Etats-Unis durant un à cinq ans, voire plus», se souvient-elle. Le policier s'exprimait sur un ton très menaçant et je sentais que je n'avais pas le choix.»

C'est peu après minuit qu'elle a été autorisée à téléphoner brièvement à sa sœur pour l'informer de son expulsion. «Je suis arrivée à Los Angeles à 20h35 vendredi et en suis repartie à 19h30 le lendemain», se remémore-t-elle.

De retour en Autriche chez ses parents, Sara essaie toujours de comprendre ce qui s'est passé et de déterminer la conduite à tenir. Sa voix se brise lorsqu'elle explique se sentir en pleine confusion: «D'un côté, je suis soulagée d'être sortie de cette arrestation, mais de l'autre je suis vraiment triste, car j'aime vraiment mes études. J'ai travaillé si dur depuis un an et demi et cela a été si compliqué de pouvoir aller étudier là-bas un sujet qui me passionne réellement. J'ai été traitée comme si j'avais commis un acte vraiment répréhensible, s'étonne-t-elle, je ne pense pas que faire des études pour aider les gens soit un crime qui mérite l'expulsion.»

(afp)

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