Crise libyenne: «Je ne quitterai jamais la Libye»
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Crise libyenne«Je ne quitterai jamais la Libye»

Le dirigeant libyen s'est une nouvelle fois exprimé lors d'une cérémonie marquant le 34e anniversaire de l'établissement du «pouvoir des masses» en Libye.

Le colonel Mouammar Kadhafi a contre- attaqué mercredi en envoyant troupes et avions de chasse à l'attaque de l'Est contrôlé par les insurgés. Dans un discours devant une foule de partisans, il a promis des milliers de morts en cas d'intervention des Occidentaux en Libye.

Le «guide de la révolution libyenne» est apparu à Tripoli lors d'une cérémonie marquant le 34e anniversaire de l'établissement du «pouvoir des masses» en Libye. «Des milliers de Libyens mourront en cas d'intervention de l'Amérique ou de l'OTAN», a-t-il prévenu lors d'un discours de plus de deux heures et demie.

«Nous ne pouvons pas permettre aux Américains ou à l'Occident d'intervenir en Libye. S'ils le font, ils doivent savoir qu'ils se jettent dans un enfer et une mer de sang pire que l'Irak ou l'Afghanistan (...). Nous distribuerons les armes par millions et ce sera un nouveau Vietnam», a-t-il martelé.

Assurant qu'il ne quitterait jamais le pays et qu'il ne pouvait abandonner le pouvoir, il a de nouveau accusé Al-Qaïda d'être à l'origine de l'insurrection. Il a promis l'amnistie à ceux qui rendraient les armes, tout en assurant qu'il n'y avait «pas de manifestations en Libye».

Contre-offensive dans l'est

Sur le terrain, la situation restait confuse. Les forces libyennes, soutenues par des blindés et par de l'artillerie lourde, ont lancé une contre-offensive à Brega, à 800 km à l'est de Tripoli, la localité la plus avancée contrôlée par les insurgés dans l'Est.

Ces derniers ont annoncé avoir repris le contrôle du terminal pétrolier de Brega. Mais la télévision d'Etat libyenne a par la suite assuré que les pro-Kadhafi tenaient l'aéroport et la zone portuaire de la ville. Une nouvelle attaque aérienne a été menée à Brega en fin d'après-midi.

Appel à des frappes aériennes

A Benghazi, fief du mouvement insurrectionnel, le Conseil national libyen (CNL) de trente membres mis en place dimanche a placé à sa tête l'ex-ministre de la Justice Mustafa Mohamad Abdeljalil. Il a demandé aux Nations unies d'envoyer des avions attaquer les bastions des «mercenaires» africains que Kadhafi utiliserait contre son propre peuple.

Le Conseil s'est toutefois déclaré opposé à une intervention de forces terrestres étrangères sur le sol libyen. Il s'est dit prêt à envoyer des hommes dans l'ouest pour contraindre M. Kadhafi à abandonner un pouvoir qu'il détient depuis 41 ans.

L'OTAN divisée

Au 16e jour d'insurrection, la communauté internationale, avance ses pions, notamment militaires, après avoir adopté une série de sanctions économiques. Deux bâtiments de l'US Navy, le Kearsarge et le Ponce, ont franchi mercredi le canal de Suez pour gagner la Méditerranée et se positionner au large de la Libye.

L'option d'une intervention militaire en Libye suscite cependant de profondes divisions au sein de l'OTAN, en raison des craintes de réaction dans le monde arabe et de la complexité de l'opération.

(ats/ap/afp)

La situation est «catastrophique» selon la Ligue arabe

Le chef de la Ligue arabe, Amr Moussa, a déclaré mercredi que la situation en Libye était «catastrophique». Dans le même temps, les ministres des Affaires étrangères des pays membres, réunis au Caire, s'apprêtaient à rejeter toute intervention militaire étrangère en Libye.

«La situation en Libye est catastrophique, et nous ne devrions pas l'accepter (...). Les vies arabes ont de la valeur», a déclaré M. Moussa lors de cette réunion, à laquelle participaient des ministres ou des représentants des 22 membres de la Ligue arabe.

Le chef de cabinet de M. Moussa, Hicham Youssef, avait auparavant déclaré que les diplomates allaient rejeter toute intervention militaire étrangère contre le régime de Mouammar Kadhafi. Cette option est envisagée par les Occidentaux après les violences qui ont déjà fait au moins un millier de morts.

«Le conseil de la Ligue arabe va adopter une résolution soulignant le rejet arabe de toute intervention militaire étrangère en Libye» ainsi que son soutien «à l'unité et à la sécurité du territoire libyen», avait-il annoncé.

Américains et Européens sont actuellement en discussions sur une éventuelle intervention militaire, ou sur une zone d'exclusion aérienne pour empêcher les bombardements. Deux navires de guerre américains, dont le porte-hélicoptères USS Kearsarge, traversaient mercredi le canal de Suez pour rejoindre la Méditerranée et se positionner au large de la Libye.

Le gel des avoirs à l'étranger relève du «vol»

Le numéro un libyen Mouammar Kadhafi a déclaré mercredi que le gel des avoirs de l'Etat libyen relevait «d'une usurpation et d'un vol de l'argent du peuple libyen», dans un discours lors d'une cérémonie publique à Tripoli au 16ème jour d'une insurrection dans son pays.

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