France : «Je ne salue pas trop la politique actuelle»

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France «Je ne salue pas trop la politique actuelle»

Le président français a rencontré à Amiens (nord) les salariés de l'usine Whirlpool, dont le repreneur promet aujourd'hui la création de 277 emplois.

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Le chef de l'Etat, élu en mai, avait promis de revenir dans sa ville natale sur le site du groupe américain d'électroménager où, en tant que candidat, il avait eu droit à un accueil houleux entre les deux tours de la présidentielle. Menacé à l'époque de fermeture, le site a depuis trouvé un repreneur, la société WN, qui devrait y créer 277 emplois.

C'est donc dans une ambiance nettement plus apaisée que M. Macron est venu discuter mardi avec les salariés et les représentants syndicaux. Il a salué «un dialogue social qui fonctionne», ajoutant que les salariés de Whirlpool n'avaient «jamais joué la politique du pire». Et «ça paie», a-t-il insisté.

Dégâts de la mondialisation

L'accueil avait été moins feutré le 26 avril lorsqu'il avait affronté la colère des ouvriers pendant une heure, tandis que Marine Le Pen en profitait pour faire une visite surprise sur place.

Aujourd'hui, «on a un repreneur qui vient s'installer sur le site, on ne peut être que satisfait. M. Macron avait promis qu'il reviendrait, il le fait, il respecte sa promesse», s'est félicité Patrice Sinoquet, représentant du syndicat CFDT.

La politique d'Emmanuel Macron ne fait pas l'unanimité pour autant. Un autre membre du syndicat ne s'est pas gêné pour faire valoir son opinion au moment de saluer le président français. «Je ne salue pas trop la politique actuelle mais je vous salue quand même», lance-t-il à Macron en lui serrant la main.

«La priorité est de créer de l'emploi»

Le député «insoumis» François Ruffin s'est également félicité que les pouvoirs publics aient été «attentifs». «Mais il ne faut pas oublier les dégâts qu'a fait subir et que continue à faire subir la mondialisation», a-t-il ajouté.

L'élu de gauche radicale a ensuite interpellé le président sur la question des intérimaires, oubliés du projet de reprise. «Moi, je n'ai pas envie de faire capoter le plan social et le projet actuel», a répondu M. Macron, qui refuse de «faire du contentieux aujourd'hui, alors que la priorité est de créer de l'emploi et de l'activité».

Le «président des riches»

Pour le chef de l'Etat, cette visite s'inscrit dans le cadre d'une offensive sur le plan social, après avoir été décrié récemment comme «le président des riches». Alors que les syndicats durcissent le ton contre la réforme du Code du travail, M. Macron a aussi été critiqué pour son projet de réforme de la fiscalité et en particulier de l'impôt sur la fortune, qu'il veut limiter au patrimoine immobilier.

«Moi je suis pour qu'il y ait plus de dialogue social dans l'entreprise. La réforme (du Code du travail ndlr), qui peut être contestée, elle évite, je pense, d'avoir le marché du travail tel qu'il est aujourd'hui: vous avez les gens dans l'entreprise qui ont la protection» et ceux qui n'ont pas d'emploi, s'est-il défendu.

Après son retour à Whirlpool, M. Macron devait inaugurer mardi un nouveau site d'Amazon dans la région. L'occasion de saluer les créations d'emplois des géants du numérique qu'il veut par ailleurs taxer davantage, sachant que le même jour Amazon a annoncé l'ouverture à l'automne 2018 d'un sixième centre de distribution en France.

«Emmanuel Macron est remonté dans les sondages en septembre mais surtout à droite et beaucoup moins dans les catégories populaires», relève Jean-Daniel Levy, expert à l'institut Harris Interactive.

«S'il progresse, c'est parce qu'il donne le sentiment de faire de qu'il avait dit. Mais il est davantage considéré comme le 'président des riches'», souligne-t-il. «Il a donc intérêt à prendre la parole dans ce domaine et aller au contact des citoyens, ce qui jusqu'ici lui a plutôt bien réussi». (20 minutes/afp)

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